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Intelligence Auto n°57– Mars 2023

Difficile transition vers l’électrique pour les femmes

27/03/2023

Temps de lecture : 6 minutes
  1. L'édito

    Belle embellie sur le marché des voitures neuves mais qui s’avère en trompe-l'œil. Et les transactions d'occasion s'effondrent toujours. Niveau de prix, inflation, pouvoir d’achat, l’acquisition d’une voiture propre est de plus en plus difficile, et encore plus pour les femmes.

Les chiffres du véhicule neuf

  1. Baromètre Marché Immatriculations - Février 2023

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Baromètre Marché Immatriculations - Février 2023
  1. LE MARCHÉ DES VOITURES NEUVES SOUTENU PAR LES LIVRAISONS DES COMMANDES ANTÉRIEURES


    L'embellie se confirme au niveau des livraisons de voitures neuves

    Pour le septième mois consécutif, le marché des voitures particulières neuves est en forte hausse. En février 2023, les immatriculations ont, ainsi, progressé de 9%. À noter, cependant, que la base de comparaison, février 2022, s’avère très faible. Les ventes avaient alors chuté lourdement de 13%.

    Ainsi, 126 237 voitures neuves ont été livrées en février 2023, contre 115 383 en février 2022. Depuis le début de l’année, le marché des voitures neuves est en progression de 9,1% avec 238 176 immatriculations.

    Inquiétude sur le second semestre

    La tendance actuelle est bonne, les véhicules commandés depuis plusieurs mois par les clients arrivent sur le marché. Mais il ne faut pas perdre de vue que le niveau des commandes est en baisse (-8% en février 2023). Si cette évolution se poursuit, le stock en attente de mise à la route va s’épuiser au cours du premier semestre 2023 et le second semestre sera, en l’état, difficile.

    Des tarifs toujours plus hauts

    Les commandes de voitures neuves sont-elles freinées par la hausse des tarifs des voitures neuves ? Dans le contexte inflationniste actuel, la hausse des prix des voitures neuves se poursuit à un bon rythme. Ainsi sur un an, le prix moyen a progressé de 8% en février 2023. Il faut en moyenne débourser 34 835 euros pour acquérir une voiture neuve (hors option). Le record va aux hybrides rechargeables avec une hausse de 14%, suivies des voitures au gazole +11%. Les tarifs des voitures 100% électriques n’augmentent que de 2% à 40 280 euros en moyenne.

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Voitures neuves du mois de février
  1. LES SUV SUPPLANTENT LES BERLINES


    Les acheteurs continuent de plébisciter les SUV. Ils comptent pour 47% des immatriculations de ce mois versus 45% pour les berlines.

    En termes de dynamisme, les modèles D-SUV (ex Tesla Model Y) ont bondi de 59%. Ils comptent pour 7% du marché des VPN. Viennent ensuite les F-SUV (ex Audi Q8) avec +43% et E-SUV (ex BMW X5) avec + 18%. Il s’agit toutefois de deux segments de niche comptant, seulement 1% des immatriculations. En quatrième position, C-SUV (ex Peugeot 3008) qui génèrent 21% des immatriculations, ont progressé de 12%. En revanche, les B-SUV (ex Renault Captur) sont en nette baisse à –4% et assurent 18% des ventes.

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Les chiffres du véhicule d'occasion

  1. LE MARCHÉ DES VOITURES D’OCCASION TOUJOURS EN FORTE BAISSE


    - 7% des ventes VO

    Après une année 2021 record puis une année 2022 au plus bas, le marché de l’occasion ne montre pas de signes de redressement. Il recule pour le quinzième mois consécutif, à –7% en février, soit 418 082 transactions. Ce sont de nouveau les modèles les plus récents de moins de 5 ans qui chutent le plus (-13%) toujours en raison du trou d’air observé sur le marché des voitures neuves depuis 2020. Mais les modèles les plus âgés, de 10 ans et plus, qui représentent près de la moitié de ventes d’occasion (48%), sont eux aussi en baisse (-2%). Enfin les ventes de voitures âgées de 5 à 10 ans plongent aussi (-6%).

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  1. Les dérogations aux ZFE-m lèvent la pression sur les automobilistes

    Face aux enjeux sociaux, les agglomérations multiplient les dérogations à l’accès aux Zone à faibles émissions mobilité (ZFE-m). La pression sur les automobilistes se lève un peu, dans un contexte de marché VO déjà sous tension.

    D’ici 2025, les 43 agglomérations de plus de 150 000 habitants devront avoir instauré une ZFE-m. Dans ces zones, la circulation des véhicules les plus polluants sera proscrite. Toutefois, face aux enjeux sociaux et économiques actuels, certaines métropoles ont modéré l’impact des exclusions de circulation.

    Les dérogations existent déjà :

    Grenoble a instauré une ZFE-m qui concerne uniquement les véhicules utilitaires et industriels ;

    • À Marseille, il existe des dérogations à durée temporaire pour certains véhicules professionnels ;

    Strasbourg a mis en place le « pass ZFE 24h » ainsi que des dérogations individuelles au cas par cas ;

    Clermont-Ferrand dont la ZFE-m entrera en vigueur au 1er juillet prochain, a déjà annoncé limiter son accès qu’aux véhicules professionnels très anciens.

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Lutte contre la pollution de l'air - Zones à Faibles émissions mobilité (ZFE-m) : 11 métropoles concernées en 2022 (Service-public.fr) Crédits : © Ministère de la Transition écologique
Une mobilisation des agglomérations pour faire baisser de 40% la pollution de l'air en ville dès 2025 - 11 métropoles concernées en 2022

Les différents marchés du véhicule : panorama

  1. LES MARCHÉS DU NEUF ET DE L'OCCASION, ENTRE TENSIONS ET AMÉLIORATIONS


    Des améliorations apparaissent sur l’activité de certains marchés alors que d’autres restent sous tensions.

    En ce deuxième mois de l’année, l’activité sur les marchés d’occasion s’accélère du côté des pros notamment pour l’industriel et l’agricole. Il en va de même pour les motos et voitures sans permis. En revanche, la tension sur les ventes reste forte dans la voiture, l’utilitaire et les cyclos.

    Sur les marchés du neuf, la situation s’avère complètement différente. Les immatriculations sont très dynamiques pour la voiture, la moto et l’industriel. Mais du côté des utilitaires, des voitures sans permis, de l’agricole et des cyclos, les immatriculations s’effondrent.

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Genres : neuf  
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Focus

  1. DIFFICILE TRANSITION VERS L'ÉLECTRIQUE POUR LES FEMMES


    Difficile transition énergétique pour les femmes. Alors que l'âge de l’acquisition d’un véhicule recule, elles achètent majoritairement des secondes mains thermiques. Et malgré un recours massif au leasing quand elles achètent une voiture neuve, elles sont confrontées à des prix des électriques encore trop chers et plus contraignants en raison de la différence persistante de salaire entre hommes et femmes.

    De plus faibles volumes mais stables dans le temps

    Les femmes achètent moitié moins de véhicules que les hommes. Mais leurs achats restent stables depuis dix ans. Même si leur nom ne figure pas toujours sur la carte grise, il n’en demeure pas moins que les femmes sont considérées comme influenceuses lors de l’achat du véhicule du foyer. L’autre raison réside, bien évidemment, dans la question du pouvoir d’achat, souvent plus faible.

    Selon l’INSEE, « en 2020, les femmes ont toutefois un salaire en équivalent temps plein qui reste inférieur de 14,8% à celui des hommes. L'écart de salaire reste le plus élevé chez les cadres (16,4% en défaveur des femmes), même s'il s'est réduit de près de 6 points depuis 2010. »
    (Source INSEE)

    Malgré la crise, leurs achats sont, globalement, stables sur les 10 dernières années. En 2022, elles ont acheté 2,3 millions de véhicules (voitures, motos, cyclos, voitures sans permis, camping-cars…). Alors que les achats des hommes sont, nettement, en baisse avec -18% pour 4,5 millions de véhicules.

    Trois-quarts des achats en occasion

    Sur l’ensemble des véhicules acquis par les femmes, les trois-quarts sont des secondes mains. En comparaison, les occasions ne comptent que pour deux-tiers chez les hommes. Par genre de véhicules, les femmes ont quant à elles acheté moins de voitures neuves et plus de voitures d'occasion, plus de motos, plus de voitures sans permis et plus de camping-cars. Ainsi pour les marques autos, les femmes constituent une cible marketing à privilégier.

    Recul de l'âge

    Pour des raisons de pouvoir d'achat ou de mobilité (trajet domicile travail, transport des enfants, loisirs…), elles achètent leur voiture qu'après la quarantaine, plus précisément à 44 ans. On n'observe pas de différence entre les femmes habitant les zones rurales et celles habitant les grandes agglomérations. À l'opposé de ce qu'on peut observer chez les hommes (47 ans, en zone rurale vs 46 ans, en zone urbaine).

    En dix ans, l’âge moyen recule plus chez les femmes que chez les hommes. Il est passé de 41 ans en 2012 à 44 ans en 2022 pour les femmes et de 44 à 46 ans pour les hommes.

    Qu'est-ce que les femmes achètent ?

    En dix ans, les achats de voitures neuves des femmes ont, considérablement, évolué en matière de véhicules choisis. En 2012, les femmes étaient plutôt positionnées sur le segment B, les voitures polyvalentes. Ces dernières représentaient, quasiment, un achat sur deux. Et les hommes étaient sur le segment C et ses sous segments (MPV et SUV), les voitures Compactes, soit 43% de leurs achats de voitures neuves. Aujourd'hui, les femmes achètent davantage de SUV au détriment des berlines classiques. Ainsi, la part des B-SUV est passée de 4% à 21% de leurs achats. Et les C-SUV comptent désormais pour 13% de leurs achats contre 8% précédemment.

    Il s’agit d’une véritable montée en gamme du côté des tarifs. En effet, le prix moyen 2023 des B-SUV est de 31 000 euros versus 24 000 euros pour les voitures du segment B.

    En termes de modèle, la Dacia Sandero remporte la palme (idem chez les hommes) puis la Peugeot 208 et la Renault Clio. Chez les hommes, outre la Dacia Sandero, on trouve le Dacia Duster, puis le Renault Captur dans ce podium.

    Du côté de la motorisation, les femmes possèdent encore 97% de moteurs thermiques (parc de voitures neuves et occasions). On observe une différence dans la part des achats de voitures neuves électriques chez les femmes, qui est plus faible que chez les hommes (3% vs 4%). Le prix très élevé des voitures électriques neuves, 40 090 euros en moyenne versus 28 232 euros pour une voiture essence, ne les incite pas à en acheter.

    Recours au leasing plus fréquent

    Le comportement des femmes et des hommes diffère, clairement, avec une accentuation plus forte chez les femmes. L'acquisition en propre des véhicules s'effondre au profit du leasing qui explose. Les ménages délaissent progressivement le crédit auto classique au profit des formules de leasing (location avec option d’achat et location longue durée). En 2012, l’acquisition en propre représentait 89% chez les femmes et 90% chez les hommes. Dix ans plus tard, les taux tombent à 47% chez les femmes et 51% chez les hommes. Le renchérissement des modèles achetés, notamment le B-SUV pour les femmes explique en partie ce phénomène.

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