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Intelligence Auto n°55 – Janvier 2023

Les tendances et les comportements du marché automobile, les analyses de nos experts Data

17/01/2023

Temps de lecture : 9 minutes
  1. L'édito

    A quelle dynamique s’attendre pour 2023 ? Avec des volumes au plus bas l’année passée, le marché automobile semble s’orienter vers une nouvelle norme : moins de voitures neuves, mais plus coûteuses et plus d’électrification. Pas étonnant alors que les acheteurs aient de plus en plus recours au leasing. Une fois la crise de la production résolue, la question de la mobilité décarbonée abordable s’avérera le vrai enjeu pour soutenir le marché.

Les chiffres du véhicule neuf

  1. Baromètre Marché Immatriculations - Décembre 2022

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Baromètre Marché Immatriculations - Décembre 2022
  1. Évolution des immatriculations VPN du mois de Décembre et par année (6 ans)

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Évolution des immatriculations VPN du mois de Décembre et par année (6 ans)
  1. VERS UNE NOUVELLE NORME POUR LE MARCHÉ DES VOITURES NEUVES


    Décembre poussif

    Ce dernier mois de l’année 2022 n’a pas été exceptionnel. Alors que décembre est, traditionnellement, un mois à gros volume. Avec 158 027 voitures neuves immatriculées, le marché reste stable par rapport à décembre 2021, malgré un jour ouvré en moins. C’est aussi le mois de décembre le plus faible en volume depuis 2017.

  1. BILAN 2022


    Un tournant historique

    2022 s’avère à un niveau largement en dessous de la barre de référence des 2 millions.
    L’année écoulée affiche les volumes les plus faibles jamais atteints depuis 1974 (1,524 million) et marque un tournant historique pour le marché français des voitures neuves.
    2022 acte l’entrée dans une nouvelle norme de marché : un marché qui, structurellement, reste inférieur à 2 millions de voitures neuves.

    Attendue comme l’année de la reprise du marché automobile après deux années de crises cumulées (sanitaire, semi-conducteurs, flambée des prix de l’énergie), 2022 s’avère bien décevante.
    Avec un total de 1,529 million de voitures vendues, les volumes écoulés sur le marché du neuf sont encore plus faibles que ceux de l’année 2020 marquée par le Covid et de l’année 2021 sous la contrainte de la pénurie de semi-conducteurs.
    En 2022, les ventes ont encore chuté de 8% par rapport à l’année précédente.


  1. L’électrique supplante le diesel

    2022 est l’année où la part des voitures électriques (VE) a dépassé celle des motorisations diesels en France, alors que ces dernières représentaient encore ¾ des ventes en 2008.

    Avec une part de marché de 16% pour les VE et 14% pour le diesel en décembre 2022, le constat est sans appel : l’électrification du parc auto français est en marche.
    Cette dynamique se vérifie non seulement sur le mois écoulé mais aussi sur les douze mois de l’année qui voient progresser de 25% les immatriculations de VE, quand celles des diesels régressent en moyenne de 32%.

    A noter également que les hybrides continuent à se tailler une belle part du marché, (29% sur l’ensemble de l’année) au détriment des essences majoritaires avec 37% de part de marché mais dont les ventes ne cessent de chuter (-15% vs 2021).

    Les motorisations alternatives (Superéthanol, GPL) profitent du contexte économique inflationniste et de la baisse du pouvoir d’achat pour émerger. Ces dernières ont capté 5% de part de marché.


  1. 2022, année de la bascule leasing versus propriété chez les particuliers

    Nouvelles tendances, nouveaux usages : les particuliers aussi rebattent les cartes et être propriétaire de son véhicule n’est plus la norme.
    2022 est ainsi une année de bascule : elle voit l’essor de nouveaux types de financement au profit des solutions de financement locatif.
    Ces dernières répondent avant tout à une contrainte de pouvoir d’achat limité face aux prix des voitures en progression constante ces dernières années. Le leasing (location avec option d’achat et location longue durée) est en progression de 8% en 2022 vs 2021.

    Au total, les solutions locatives représentent 52% des ventes de voitures neuves pour les particuliers contre 48% pour les achats.


  1. La Dacia Sandero se hisse à la deuxième place du podium

    Déjà le modèle préféré des particuliers, la Dacia Sandero se hisse à la deuxième place des voitures les plus vendues toutes catégories, dépassant de quelques centaines d’unités la Renault Clio. La Peugeot 208 reste le modèle le plus vendu en 2022.

    Evénement tout à fait exceptionnel au niveau des marques, la structure même du marché est bouleversée.
    Dacia s’octroie la troisième marche du podium (130 855 voitures), au détriment de Citroën (129 883 voitures), derrière Peugeot (245 608 voitures) et Renault (236 405 voitures).

    Preuve s’il en est que le pouvoir d’achat est au cœur des préoccupations des automobilistes.

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TOP 3 des modèles de voitures neuves sur le marché des flottes et des particuliers (en volume)

Les chiffres du véhicule d'occasion

  1. LE MARCHÉ DES VOITURES D’OCCASION SE CONTRACTE SÉVÈREMENT


    Chute des ventes de voitures d’occasion entre pénurie et tension sur le prix

    Le marché des voitures d’occasion est, encore en décembre, impacté par la pénurie de véhicules neufs qui se répercute sur tous ses segments : au global, l’occasion recule de 13% sur le dernier mois de l’année à 407 203 unités. En 2022, 5,2 millions de voitures ont changé de propriétaire. Il s’agit d’une forte baisse de 14% par rapport à 2021 qui avait été marqué par l’envolée des VO à 6 millions.

    La dynamique à l’œuvre n’est toutefois pas uniforme : entre injonctions climatiques et pouvoir d’achat, les différents segments du marché de l’occasion connaissent des évolutions contrastées.

    Ainsi les VO les plus récents (moins de 5 ans) reculent de 22% en décembre, ceux plus âgés (de 5 à 10 ans d’ancienneté) de 12% et les plus anciens (VO de plus de dix ans) de 5%.
    Sur un an, on constate les mêmes tendances, à savoir respectivement selon les tranches d’âge des voitures -21%, -14%, -7%.

    Cette évolution entraîne une tension à la hausse sur les prix des véhicules d’occasion les plus récents, ce qui pousse les acheteurs à se tourner vers des modèles plus anciens, moins onéreux mais polluant plus. Un paradoxe dans un contexte de mise en place de zones à faibles émissions dans de nombreuses métropoles françaises, impliquant l’interdiction de circulation, à terme, des modèles les plus polluants.


  1. Le leasing et les achats des sociétés gagnent le VO

    En 2022, le leasing (LOA/LLD) se propage, également, sur le marché d’occasion après avoir gagné ses lettres de noblesse sur le marché du neuf.
    3,5% des transactions VO sont passés par un contrat de LOA/LLD.

    Si ce pourcentage reste marginal, le volume est, toutefois, significatif avec plus de 180 000 voitures, soit la moitié du volume de leasing des particuliers sur le marché du neuf (plus de 360 000 voitures).

    A noter également, la forte progression des achats d’occasion par les sociétés. Ils sont en hausse de 8% en 2022 avec 243 713 voitures.

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Le marché des voitures d'occasion plonge quelque soit la tranche d'âge des véhicules
  1. Top 5 des modèles par motorisation

    Le diesel reste la motorisation la plus recherchée sur le marché d’occasion avec 52% des transactions en 2022.

    Toutefois, il est en net recul à -3,4 points, au profil, principalement, de l’essence (41% de part de marché), des hybrides (5%), de l’électrique (1,4%) et le solde pour les autres motorisations (gpl, biocarburants…).

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Top 5 des modèles par motorisation (en volume)

Les différents marchés du véhicule : panorama

  1. LES PROBLÉMES DE DISPONIBILITÉS PLONGENT LES MARCHÉS DU NEUF COMME DE L’OCCASION DANS UNE CERTAINE LÉTHARGIE


    Pour ce dernier mois de l’année, le marasme s’installe sur quasiment l’ensemble des marchés des véhicules neufs et occasions.
    Sur les marchés du neuf, seuls les véhicules agricoles affichent une légère croissance. Les ventes de voitures stagnent quant à elles.

    Les autres véhicules sont tous en fort retrait.
    Les deux roues qui avaient connu une belle envolée l’année dernière, sont, désormais, confrontés aux problèmes de disponibilités des semi-conducteurs, de confinements stricts en Chine (où se trouvent les usines de production) et des prix des conteneurs inédits, depuis le milieu de l’année. Alors que la demande de motos reste très forte et se reporte en partie sur les véhicules d’occasion.

    Les autres marchés d’occasion sont, également, frappés par cette léthargie de fin d’année.

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Genres : occasion 

Focus

  1. PRÉVISIONS 2023


    Quelles perspectives ? quels bouleversements vont impacter le marché automobile ?

    Le contexte chaotique dans lequel nous évoluons, actuellement, rend complexe la prévision économique. En ce début d’année, on peut essayer de se projeter et envisager 3 scénarii de recomposition du marché automobile en 2023 :

    Scénario optimiste :
    Un retour à un marché à 2 millions de voitures neuves vendues.


    Les contraintes actuelles de production (semi conducteurs, prix de l’énergie, transport et logistique) se lèvent dès le premier trimestre.
    Pour respecter la réglementation CAFE (qui impose aux constructeurs un seuil d’émission de CO2 moyen de 95g pour l’ensemble des véhicules vendus), l’offre de modèles électrifiés devient la norme.
    La transition écologique et le dérèglement climatique sont plus que jamais au cœur des préoccupations des Français. Les automobilistes s’engagent dans la transition écologique (ZFE) en renouvelant leur ancienne voiture pour une voiture électrifiée, largement soutenus par les aides à l’achat (bonus, prime à la conversion, prêt à taux zéro).

    Outre ces aides, les acheteurs recourent massivement au leasing (LLD/LOA) qui leur permettent d’absorber la croissance des prix des voitures neuves.

    Les entreprises quant à elles verdissent, massivement, leur flotte dans une problématique d’optimisation des TCO (coût global de possession) et de RSE/ image de marque.

    Au global, le marché des voitures neuves retrouve son niveau de 2019, à 2 millions.


  1. Scénario pessimiste :
    Ecroulement du marché des voitures neuves sous la barre de 1,5 million


    Le contexte économique global s’enlise.
    L’Union Européenne est touchée par une récession, comme prévu par le Fonds Monétaire International.
    La production des voitures neuves se trouve une nouvelle fois dans la tourmente.
    Le conflit entre la Chine et Taïwan (principal pays producteur de semi-conducteurs) se durcit.
    Les semi-conducteurs viennent à manquer pour la production de voitures neuves.
    La crise énergétique se poursuit et s’intensifie.
    Les usines sont à l’arrêt pendant plusieurs semaines et les constructeurs optimisent leur production sur les modèles les plus rentables.
    Les prix de voitures neuves s’envolent du fait de leur rareté et de leur montée en gamme.
    Les petites citadines s’effacent au profit des compacts et des familiales.
    Les délais de livraison s’allongent encore.

    Du coté des acheteurs, l’inflation prévue à +7% en début 2023 par l’Insee, ronge leur pouvoir d’achat. Les prix de vente des voitures neuves évincent une partie de plus en plus importante des acheteurs. Ces derniers ne peuvent même pas se reporter sur les voitures d’occasion récentes dont les prix flambent faute de volumes suffisants.
    Les occasions anciennes, encore bon marché, sont remises à la route.
    Le recours aux mobilités alternatives s’intensifie.

    Du coté des entreprises, le climat des affaires dégradé (hausse des prix de l’énergie et des matières premières, hausse des taux d’intérêt, dégradation des marges) n’incite pas les entreprises à renouveler leur flotte, ni à la verdir.

    Par conséquent, les commandes globales de voitures neuves plongent à nouveau après une chute de 7% en 2022.
    Il en résulte que les ventes de voitures neuves s’écroulent sous la barre de 1,5 million.

    Vers un nouveau modèle pour le marché automobile : moins de voitures neuves et plus de voitures d’occasion anciennes ?


  1. Scénario business as usual :
    Amélioration sur le marché des voitures neuves mais sans retour au niveau d’avant crise


    Le marché des voitures neuves est impacté à la fois par des freins et des moteurs à l’achat. Du coté des freins à l’achat, le contexte économique reste défavorable.

    La Banque de France annonce un ralentissement de la croissance en 2023 (+2,6% attendue pour 2022 versus +0,3% pour 2023). Une fois encore ce sont les réapprovisionnements en gaz qui sont au centre des préoccupations. Ils pourraient être à l’origine d’une nouvelle flambée des prix de l’énergie pesant sur les marges des entreprises, le pouvoir d’achat des ménages et les finances publiques.

    Sur le marché des voitures neuves, plusieurs facteurs nous laissent penser que 2023 sera encore une année tendue. D’abord, les contraintes qui ont pesé en 2022 ne disparaitront sans doute pas totalement en 2023. Nous continuerons d’évoluer dans un contexte d’incertitudes sur la disponibilité des semi-conducteurs, de pression sur le pouvoir d’achat des Français et des conséquences énergétiques de la guerre en Ukraine.

    La pression sur les acheteurs de voitures thermiques s’intensifie encore en 2023 et décourage l’achat de voitures neuves. Ainsi, le malus écologique est revu à la hausse. Son seuil de déclenchement commence désormais à 123g d’émission de CO2 contre 128g en 2022. La pression est encore plus dissuasive pour les amateurs de grosses cylindrées avec un plafond du malus renchérit à 50 000 euros contre 40 000 euros l’année précédente. Le malus au poids reste en vigueur à 10 euros le kilo supplémentaire à 1,8 tonne.

    Du coté des constructeurs, la course au volume est moins prégnante qu’auparavant. Les ventes tactiques (aux loueurs courte durée et aux VD+ garages) s’amenuisent progressivement. En 2022, le prix moyen des voitures neuves a augmenté de 7%. Les constructeurs restent rentables en ayant opté pour moins de volume et des prix plus élevés (meilleures marges).

    Toutefois, la transition écologique vient soutenir la reprise de l’activité. De sorte que la bascule voitures thermiques versus voitures électrifiées se réalise en 2023.

    Le rebond sur le marché des voiture neuves observé depuis août 2022, montre que les contraintes sur la production se détendent. Même si l’amélioration sur le front des livraisons de semi-conducteurs n’est attendue que pour la fin 2023. La majorité des voitures en instance d’immatriculation ont été commandées il y a déjà de nombreux mois.

    Le marché des voitures neuves est porté par la multiplication des zones à faible émission mobilité (ZFEm) qui passeront de 11 à 43 territoires d’ici 2025. Les restrictions de circulation pour les véhicules les plus polluants s’intensifient. Les particuliers comme les entreprises verdissent leurs véhicules. En corolaire, le dynamisme des ventes de voitures électriques (+25% en 2022) et hybrides (+7% en 2022) s’amplifie au point que la bascule voitures thermiques versus voitures électrifiées se réalise en 2023.

    Les Français vont continuer d’arbitrer entre voiture neuve et voiture d’occasion et pour alléger l’impact sur leur budget de l’acquisition d’une voiture, privilégier des solutions de financement locatif y compris pour les voitures d’occasion. La question est de s’avoir si on s’oriente vers une mobilité décarbonée plus abordable en 2023 ?

    Hors de Paris, la mobilité reste contrainte. La voiture reste le premier mode de déplacement pour rejoindre son lieu de travail pour deux tiers des français. C’est encore plus vrai quand ils ont à parcourir de grandes distances.

    Dans l’optique de 2035 et l’arrêt de la commercialisation des voitures thermiques, rendre abordable la mobilité décarbonée devient indispensable. Déjà des avantages financiers se multiplient pour soutenir les particuliers et les micro-entreprises à acquérir un véhicule « vert » :

    - Primes à la conversion et bonus écologique jusqu’à 7000 euros pour les foyers les plus modestes ;
    - Prêt à taux zéro sous condition, pour les résidents des ZFEm
    - Leasing social à 100€/mois
    - Crédit d’impôt pour une borne de recharge à domicile (300 euros)
    - Chèque énergie jusqu’à 277€

    Les mesures de soutien financier à l’acquisition d’un véhicule électrifié s’avèrent un facteur clé du développement du marché automobile pour 2023 et dans l’optique d’un retour à la normal de la production à horizon 2024.

    Il en résulte une amélioration sur le marché des voitures neuves par rapport à 2022 mais sans un retour à un niveau comparable à 2019.

    En l’état actuel des informations, ce scénario nous semble le plus probable.

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Prévisions sur le marché des voitures neuves

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