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Intelligence Auto n°68 – Mars 2024

Confiance des Français dans l’électrique, où en est-on ?

21/03/2024

Temps de lecture : 6 minutes
  1. L'édito


    Février 2024 a été un mois très favorable pour le marché automobile. Seuls trois points obscurcissent l'horizon : les annonces du gouvernement en vue de durcir le malus écologique, l'offre d'un bonus de moins en moins généreux et la fin prématurée du leasing social.

Les chiffres du véhicule neuf

  1. Baromètre Marché Immatriculations - Février 2024

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Baromètre du Marché des Immatriculations en février 2024
  1. BELLES PERFORMANCES POUR LE MARCHÉ DES VOITURES NEUVES


    Le plus fort mois de février depuis la crise sanitaire

    Le marché français des voitures particulières neuves (VPN) poursuit sa croissance en février, avec une progression de 13% des immatriculations. 142 595 voitures ont été immatriculées en février 2024.

    Au regard de l’historique, il s’agit d’un bon mois de février. Pour rappel, les ventes s’étaient élevées à 126 236 unités en février 2023, 115 383 unités en février 2022 et à 172 438 sur le même mois de 2019, dernière année pleine avant la crise sanitaire.

    Cette bonne performance est, toutefois, à relativiser :

    • Un jour ouvré supplémentaire par rapport à février 2023 ;
    • Une quinzaine de marques finissant le mois en négatif ;
    • Les ventes aux sociétés hors automobile sont en baisse de 9% ;
    • Les modèles éligibles au leasing électriques ont rencontré un beau succès.

    Faut-il y voir déjà les effets du nouveau bonus/malus ? En tout cas, les commandes de voitures neuves sont déjà bien orientées avec + 25% depuis le début de l’année selon le CCFA.

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L’immatriculation des voitures neuves du mois de février par année
(en volume)

  1. Impact notable du leasing électrique

    Le leasing électrique a eu un fort impact sur les immatriculations de voitures électriques. Ces dernières ont progressé de + 32% par rapport à février 2023. Elles comptent désormais pour 18% des ventes globales de voitures neuves.

    Du côté des autres motorisations, les voitures hybrides, qui représentent 37% des parts du marché des VPN, affichent la plus forte progression : + 34%. Dans le détail, les hybrides légères (12% de parts de marché) voient même leurs immatriculations bondir de 64%, les hybrides non rechargeables (17% de parts de marché) de + 28% et les hybrides rechargeables (8% de parts de marché) de + 12%.

    De façon générale, les motorisations hybrides se placent ainsi à présent loin devant les modèles essences, dont la part de marché s’élève à 34% et dont les ventes progressent très modérément de 2%.

    Le diesel n’en finit pas de chuter : - 31% pour ne représenter que 7% des ventes. À noter également la performance des GPL qui progressent de + 11% (4% des immatriculations) portés notamment par les ventes de la marque Dacia, avec les modèles Sandero, Jogger et Duster.

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TOP 10 modèles électriques de Voitures Particulières Neuves, en février 2024
(en volume)

  1. La Peugeot 208 et les autres modèles éligibles au leasing électrique ont connu un bond de leurs immatriculations en ce début d’année. En revanche, la Dacia Spring, modèle star des VE mais qui ne fait pas partie de ce dispositif social, connaît une dynamique inverse.

Les chiffres du véhicule d'occasion

  1. LE MARCHÉ DES VOITURES D’OCCASION BOOSTÉ PAR LES CRIT’AIR 0 A 2



    + 6% de croissance

    Le frémissement qui se faisait sentir depuis plusieurs mois semble se confirmer : le marché de l’occasion repart sensiblement à la hausse, avec des immatriculations qui progressent de 6% en février, à 443 813 unités. Plusieurs explications à cette tendance : les prix des voitures particulières d’occasion (VPO), qui avaient augmenté récemment, semblent se stabiliser, voire diminuer légèrement, en raison notamment d’une augmentation des stocks de VPO à vendre.

    À noter que les Crit’Air 0 (2% du marché des VPO), qui correspondent aux véhicules électriques, voient leurs immatriculations bondir de 77% et les Crit’Air 1 (35% de parts de marché), de + 21%. Les Crit’Air 2 (34% de parts de marché) enregistrent une hausse plus mesurée de + 4%. En revanche, les autres vignettes, qui concernent les véhicules plus polluants, voient toutes leurs immatriculations baisser : les Crit’Air 3 (20% de parts de marché) de - 6%, les Crit’Air 4 (6% de parts de marché), de - 13% et les Crit’Air 5 (1% de parts de marché) de - 14%.

    Alors que depuis le 1er janvier 2023, les véhicules Crit’Air 5 ou qui n’ont pas de vignette sont concernés par des restrictions ou des interdictions de circulation dans les ZFE des grandes métropoles, les voitures Crit’Air 4 sont notamment désormais exclues des ZFE à Lyon, Strasbourg et Grenoble.

    Le marché de l’occasion reprend, finalement, des couleurs. La bonne nouvelle est que la dynamique des transactions est portée par les voitures autorisées dans les ZFE, c’est-à-dire principalement les Crit’Air 0 à Crit’Air 2.

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Immatriculations de voitures d'occasion par Crit'Air en février 2024

Les différents marchés du véhicule : panorama

  1. LES MARCHÉS DU NEUF ET DE L’OCCASION SOUTENUS


    L'activité a été, largement, soutenue sur les marchés des véhicules neufs, en février. Ils affichent tous une croissance à 2 chiffres, à l'exception des cyclomoteurs. Même tendance (légèrement plus modérée toutefois) sur le marché des véhicules d'occasion, à l'exception des cyclos.
    Les ventes de cyclomoteurs sont, structurellement, en baisse. L’arrivée de nouveaux modèles à motorisation électrique, dans les prochaines années, relancera certainement ce marché.

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FÉVRIER 2024: CROISSANCE À 2 CHIFFRES POUR LES MARCHÉS DES VÉHICULES NEUFS, HORS CYCLOS
(en volume, % en variation)
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FÉVRIER 2024: LES MARCHÉS D'OCCASION DANS LE VERT, HORS CYCLOS
(en volume, % en variation)

Focus

  1. LA CONFIANCE DANS L’ÉLECTRIQUE ET LE POSITIONNEMENT DES MARQUES



    La confiance des Français dans l’électrique est en hausse depuis 2021

    • L’augmentation du nombre de voitures électriques achetées directement par des particuliers est constante.
    Entre 2020 et 2022, le taux de croissance annuel moyen est de 35% pour le marché de l’électrique dû probablement à la prolongation des politiques menées en France depuis 2019.

    • Les sociétés privilégient l’électrique aux dépens des autres motorisations pour se constituer une flotte « verte ».

    • La hausse de la demande du marché de l'occasion est illustrée par plusieurs signaux clefs.
    Le taux de rotation des voitures électriques s’accélère sur ce marché. Les voitures immatriculées en 2017, se revendent, en moyenne, en moins de 60 jours en 2023.
    Les voitures électriques restent de moins en moins de temps dans les stocks des professionnels de l’occasion. De 140 jours pour une voiture achetée par un professionnel en 2017, le temps de revente descend à 70 jours pour une voiture achetée en 2022 (80 jours pour une voiture thermique de la même année).

    Une typologie des acheteurs de voitures électriques différente de celles des voitures thermiques

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Une typologie des acheteurs de voitures électriques différente de celles des voitures thermiques

  1. Du côté des constructeurs : quelles stratégies pour conquérir les clients du marché de l’électrique ?

    Privilégier la clientèle des particuliers, se concentrer sur les flottes, ou miser sur les volumes, qu’elle soit pure player ou constructeur multi-motorisations, chaque marque, dans sa volonté de conquérir le marché des VPN électriques, développe sa propre stratégie.

    En 2023, le marché de l’électrique s’est réparti entre deux catégories : d’une part les pure players, au nombre de 11 marques (Abarth, Aiways, BYD, Fisker, LeapMotor, Minimoke, Mobilize, Seres, Smart, Tesla, Vinfast), ayant commercialisé un volume de 67 468 voitures, soit 23% des ventes. D’autre part les constructeurs multi-motorisations, au nombre de 31 (MG, Fiat, Renault, Peugeot, etc…), dont la part des ventes dans l’électrique varie entre 86% et 1% et qui ont totalisé un volume de 230 751 ventes de VE, soit 77% des immatriculations totales de VE.

    Force est de constater qu’entre ces deux catégories, les stratégies diffèrent pour conquérir le marché des VPN électriques.

    Pour doper leurs ventes, certains vont cibler la clientèle des particuliers, avec des enjeux de pouvoir d’achat et d’autonomie du véhicule, à l’instar des pure players comme Tesla, qui réalise auprès de cette dernière 71% de ses immatriculations, Albarth (66% de ses ventes) ou Minimoke (100% de ses ventes) ou des autres constructeurs, comme MG, Fiat, Mini, Jeep, Dacia, Kia, Hyundai, Rolls Royce, Opel, Renault, VW et Nissan.

    D’autres marques audacieuses vont se concentrer sur les flottes, avec la volonté de déloger les marques historiquement présentes sur ce segment. Elles se confrontent alors à des enjeux de TCO (coût global de possession), d’autonomie et de recharge. Alors que cette année même, le bonus octroyé aux sociétés pour électrifier leur flotte de voitures a été purement et simplement supprimé.

    En termes de volume, Tesla est le leader incontesté de ventes de VPN électriques aux flottes avec 16 378 unités en 2023. Viennent ensuite Peugeot (8 757 unités) et Renault (7 564 unités).
    Mais en termes de poids des ventes flottes dans les ventes globales de la marque, c’est un tout autre classement. Par exemple pour Tesla, les ventes flottes ne comptent que pour 26% de ses ventes globales.
    Parmi les marques qui ont fait le choix de la stratégie axées sur les flottes, on trouve actuellement des constructeurs premium, comme Audi (49% de ses ventes d’électriques), Lotus, Porsche, BMW (traditionnellement bien installé dans les flottes d’entreprises), Ford et Skoda. Compte tenu des volumes faibles, on est encore sur du véhicule de fonction de prestige.

    D’autres encore vont miser sur une stratégie de volume avec des immatriculations tactiques auprès des loueurs courte durée par exemple. Se trouvent dans cette logique des pure players comme Aiways (57% de ses ventes d’électriques sur ce segment tactique), Mobilize (100% est logiquement dans cette catégorie puisque ces véhicules sont en autopartage uniquement) ou Vinfast (90%) ou les constructeurs multi-motorisations Subaru, Genesis, Honda, Mazda, Jaguar, Lexus, Toyota.

    Enfin, quelques marques réussissent à conquérir l’ensemble des canaux de vente de façon équilibrée : BYD, Seres, Smart, Volvo, Cupra, DS, Mercedes, Ford.


    En conclusion, les stratégies de conquête des constructeurs automobiles dans le domaine des voitures électriques varient en fonction du segment de marché qu'ils ciblent. Pour les entreprises, l'accent est mis sur la fourniture de solutions de mobilité complètes et rentables, tandis que pour les ménages, l'accent est mis sur la diversité des produits et les avantages économiques à long terme. En combinant des offres attrayantes avec une infrastructure de recharge efficace et une communication ciblée, les constructeurs cherchent à capitaliser sur le potentiel immense mais difficile du marché des voitures électriques.

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