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Intelligence Auto n°89 – Février 2026
Pourquoi le verdissement du parc roulant de voiture prend du temps en France ?

12/02/2026

Temps de lecture : 5 minutes
  1. L'ÉDITO

    Les ventes de voitures neuves comme celles d’occasions reculent globalement, dans un contexte économique peu porteur. Cette tendance masque toutefois des dynamiques contrastées selon les motorisations. Il en résulte que le verdissement du parc de voitures se poursuit tranquillement, porté par la montée en puissance des voitures électrifiées.

  1. BAROMÈTRE MARCHÉ IMMATRICULATIONS - JANVIER 2026

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LES CHIFFRES DES VOITURES NEUVES :

  1. LE MARCHÉ DES VOITURES NEUVES RECULE MALGRÉ LES LIVRAISONS DU LEASING SOCIAL


    Volumes faibles
    Les immatriculations de voitures neuves s’établissent à 107 157 unités sur le mois, en recul de 7 % sur un an, malgré une base déjà faible en janvier 2025. Sur les cinq dernières années, il s’agit du deuxième mois de janvier le plus faible après celui de 2022.

    Le repli est principalement porté par les flottes (-15 %), tandis que le canal des particuliers résiste mieux (-2 %). Cette dynamique confirme la prévision d’AAA Data d’un marché atone en 2026.

    Les impacts du leasing social se poursuivent

    Le mois est marqué par un effet ponctuel des aides à l’achat, notamment du leasing social et d’un bonus renforcé, qui soutiennent temporairement les immatriculations électriques chez les particuliers. La montée en puissance de la location longue durée (LLD) se poursuit (+42 %), atteignant 34 % du canal particuliers, tandis que la location avec option d’achat (LOA) reste stable. Ce mouvement devrait toutefois ralentir avec l’essoufflement attendu du leasing social.

    Dans un marché globalement peu dynamique, certains segments tirent leur épingle du jeu : le segment B, les petits SUV B et les grands SUV D. Le segment A reste en net retrait (-28 %), mais bénéficie d’un regain d’intérêt lié à l’arrivée de nouvelles minicitadines (Renault Twingo IV électrique, Toyota Aygo X hybride et Fiat 500 mild hybrid) et aux réflexions sur une offre d’une voiture plus dépourvue et moins coûteuse.

    La part de l’électrique progresse fortement pour atteindre 28 % des immatriculations, portée par les livraisons liées au leasing social. La Renault 5 domine (3 952 immatriculations), suivie du Renault Scenic (1 945) et de la Peugeot 208 (1 666). Renault est le leader du segment électrique en janvier (7 864, +67 %), devant Peugeot (4 219, +52 %), Citroën (2 506, +41 %) et Volkswagen (1 738, +93 %).
    À l’inverse, les motorisations thermiques poursuivent leur déclin (essence 14 % de pdm, gazole 2 %). Seules les hybrides MHEV affichent une croissance et atteignent 25 % de pdm. Les HEV représentent 23 % de pdm, les PHEV (4 %) et EREV (1 %) et leurs ventes sont en baisse en janvier 2026.

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LES CHIFFRES DES VOITURES D’OCCASION

  1. LE MARCHÉ DES VOITURES D'OCCASION : RALENTISSEMENT GLOBAL MAIS FORTES DISPARITÉS SELON L'ÂGE ET LA MOTORISATION

  1. La chute des motorisations thermiques contraste avec l'essor des électriques

    Après une clôture 2025 favorable, le marché des voitures d’occasion affiche un net retournement conjoncturel en janvier, avec un recul de 10 % des transactions, à 413 525 unités.

    Dans ce contexte de contraction globale, les motorisations électrifiées affichent toutefois une dynamique positive, à l’exception de certaines classes d’âge. Les voitures électriques progressent ainsi de 11 % et portent leur part de marché à 4 %. À l’inverse, les motorisations thermiques, toujours largement dominantes, subissent un repli marqué : l’essence recule de 14 % (38 % de part de marché) et le diesel de 12 % (44 %). Leur poids structurel dans le mix suffit à peser lourdement sur la performance globale du marché.

  2. Cette contre-performance du marché occasion intervient alors que le vote final de la loi de simplification, qui inclut la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), a été repoussé en mars, après les élections municipales. En cas d’adoption, cette mesure pourrait toutefois être rejetée par le Conseil constitutionnel. En janvier, les modèles les plus concernés par ces ZFE, à vignettes Crit’Air 3 et plus, représentent encore 26 % des transactions en VO, dont plus de deux tiers de Crit’Air 3 (18 %).

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LES DIFFÉRENTS MARCHÉS DU VÉHICULE : PANORAMA

  1. LES MARCHÉS DES VÉHICULES NEUFS ET DES VÉHICULES D'OCCASIONS PATINENT EN CE DÉBUT D'ANNÉE

  2. Les marchés des véhicules d'occasion commencent l’année dans le rouge. Les marchés des véhicules neufs ne se redressent pas également. Les raisons sont à chercher du côté des anticipations des ménages et des entreprises pour 2026.

    D'après les dernières données publiées par l'Insee en janvier 2026, la confiance des ménages français reste stable, bien qu'à un niveau relativement bas. Les ménages sont encore préoccupés par l'évolution de leur situation financière, avec une attention particulière portée aux anticipations de l'inflation, aux coûts de la vie et à la remontée du chômage. La confiance dans l'avenir économique reste mitigée, les ménages étant prudents face à des incertitudes économiques, politiques et géopolitiques. Ils ont tendance à limiter leurs investissements importants. Globalement, la tendance montre que la confiance des ménages reste fragile, influencée par une conjoncture économique difficilement lisible.

    Du côté des entreprises, le climat des affaires est, également, sensible aux incertitudes économiques mondiales. La confiance des chefs d'entreprise reste mesurée, avec des préoccupations persistantes concernant les risques sur les coûts de production et la compétitivité. Les secteurs du commerce de détail et du commerce et de la réparation d’automobiles afficheraient même un repli de la confiance.

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FOCUS

  1. Pourquoi le verdissement du parc roulant de voiture prend du temps en France ?

  2. En France, le verdissement du parc roulant de voitures semble lent pour une combinaison de raisons économiques, structurelles, industrielles et sociales :

    Tout d’abord l’inertie du parc existant joue un rôle important. Une voiture reste en circulation 15 à 20 ans environ. Même si les ventes de voitures « propres » progressent, elles ne renouvellent chaque année qu’environ 1 % du parc total (326 923 VPN électriques en 2025 sur un parc global de 42,5 millions). Le stock (dont 47 ,% de voitures diesel) reste en circulation pendant encore plusieurs années.

    Deuxièmement, le différentiel de prix d’achat entre les voitures électrifiées et les voitures thermiques reste élevé. Les voitures électriques s’avèrent plus chères à l’achat que les thermiques (prix moyen pondéré des VE en 2025 était de 42 788 € contre 25 824 € pour une voiture essence). Les aides à l’achat existantes ne concernent pas tous les automobilistes. Les ménages modestes, qui conservent leur voiture généralement le plus longtemps, ont plus de difficultés à la changer. Les dispositifs d’aides à l’achat sont donc encore nécessaires pour soutenir la transition des ménages modestes. Pour les autres ménages, le marché d’occasion offre une possibilité d’acquérir une voiture électrifiée à un tarif inférieur à celui du neuf. Cependant le différentiel de prix électriques vs thermiques demeure.

    L’instabilité des aides publiques génère de l’incertitude pour les acheteurs. Le bonus, le malus, la prime à la conversion et leurs conditions d’éligibilité ont changé fréquemment ces dernières années.

    Les contraintes d’infrastructure peuvent également jouer un rôle dans l’accélération du verdissement du parc roulant. Les habitants sans stationnement privé ou bien en habitat collectif sont désavantagés. Le réseau de recharge ouvert au public progresse (185 501 points de recharge à fin 2025 selon Avere France, soit 275 points de recharge pour 100 000 habitants). Les territoires sont couverts de façon inégale (par exemple la Nouvelle Aquitaine dont la superficie dépasse les 84 000 km2 dispose de 18 606 bornes alors que la région Île-de-France d’une superficie de plus de 12 000 km2a le réseau de borne le plus dense avec 32 484 unités. C’est le critère de densité de population qui prime sur les distances parcourues.

    Du côté de l’offre de voitures électrifiées, la structure industrielle et l’offre limitée sont contraignantes également. L’offre de voitures électriques abordables a longtemps été restreinte, surtout pour les petites citadines. En 2025, le segment A (ex Renault Twingo) représentait seulement 5 % des ventes de voitures électriques. Alors que sur le parc roulant de voitures, le segment A atteint 8 % en 2025.

    En outre, le maintien des chaînes de production thermiques existantes freine la réorientation des investissements vers une transition rapide.

    Du coté des automobilistes, des questions d’usages et d’acceptabilité sociale restent à lever. Cela concerne les craintes sur l’autonomie, la durée de vie des batteries, la valeur de revente. Ou bien encore l’attachement culturel à la voiture thermique demeure forte, notamment hors grandes villes.

    En conclusion, même si les ventes de voitures électriques ont fortement progressé en 2025, la combinaison d’un parc très ancien, de tarifs supérieurs aux voitures thermiques, d’infrastructures en construction et de contraintes sociales explique pourquoi le verdissement réel du parc est structurellement lent.

    L’horizon 2050 pour une décarbonation complète du parc roulant nécessitera une réelle montée en puissance des ventes de voitures électriques neuves (flottes et particuliers) et pourquoi pas des importations de voitures électriques d’occasions.

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