Automobile
Marché automobile français 2025 : les grandes tendances qui redessinent le secteur
La nouvelle étude d’AAA Data décrypte les faits du marché automobile français en 2025 et met en lumière les trajectoires qui se dessinent. Au-delà des statistiques de volumes, l’étude met les chiffres en perspective, analyse les tendances qui s’installent, en identifie les ressorts, discute leurs implications et développe des modèles de prévision. L’objectif est double : documenter le marché en profondeur et traduire ces enseignements en outils opérationnels. Dans un environnement d’arbitrages budgétaires persistants, de recomposition de l’offre et de contraintes réglementaires, l’étude apporte des repères concrets pour déchiffrer le marché et anticiper les inflexions à venir.
Les grandes tendances
2025 : un marché du neuf durablement installé à un niveau faible
Le marché des voitures neuves apparaît durablement installé à un niveau faible par rapport à la période d’avant crise sanitaire. Au total, 1,63 million de ventes sont enregistrées, confirmant une deuxième année consécutive de recul. Ce résultat s’inscrit dans les dynamiques de verdissement du parc, mais aussi dans un contexte économique peu porteur, sous l’effet conjugué de l’augmentation de prix depuis 2020 et d’une croissance économique modérée.
Les réglementations pour le verdissement et le niveau élevé des prix structurent les dynamiques
L’hybride HEV s’impose comme première motorisation (22 % de part de marché), devant l’essence, qui dominait encore en 2024. Les voitures électriques, soutenues par les politiques publiques, franchissent le seuil des 300 000 ventes pour une part de 20%, mais ne se placent encore qu’au quatrième rang. Les trajectoires observées dessinent un verdissement par étapes, qui passe d’abord par l’hybride plutôt que par une bascule directe vers l’électrique. Le niveau de prix relativement élevé freine la demande et oriente les arbitrages des acheteurs vers l’occasion ou le report de l’achat.
La baisse durable des achats des particuliers et le recours à la location
Les dynamiques d’achat des particuliers illustrent parfaitement l’état du marché. Leur comportement est marqué par un fort attentisme qui se traduit dans des volumes faibles et des modalités d’achat en mutation. Leur baisse des achats se prolonge depuis 2020 (700 000 achats en 2025 contre plus d’1 million avant la pandémie). Les politiques d’incitation, comme le leasing social, jouent un rôle d’amortisseur (la part des particuliers a atteint 52 % en octobre, après avoir chuté à 41 % en avril ; l’électrique s’est envolé dans le quatrième trimestre, avec 25 000 ventes et une part de marché de 29 % en novembre), mais ne suffisent pas à déterminer la pleine bascule vers l’électrique. Ce résultat souligne la centralité du facteur prix. Dans ce contexte, la location gagne du terrain comme mode de financement (+10 points de part de marché vs 2021), afin de réduire la dépense immédiate et d’atténuer l’incertitude associée à la pleine propriété.
Les flottes ont franchi un point de bascule vers l'électrique
Les achats des flottes, bien qu’en recul en niveau absolu, basculent vers l’électrique (24% de part de marché, première motorisation), faisant de cette catégorie un moteur du verdissement. De ce point de vue, les politiques publiques apparaissent nettement plus efficaces que celles ciblant les particuliers.
Les marques françaises restent leaders du marché mais les marques chinoises montent en puissance : comment faire face ?
Le marché fait face à un défi concurrentiel devenu central, non seulement pour le secteur automobile, mais plus largement pour la compétitivité des économies européennes : la montée en puissance des marques automobile chinoises. En 2025, les marques traditionnelles conservent une certaine solidité, occupant les premières places du classement. Renault se distingue avec un résultat marqué (17,5 % de part de marché, +1,4 points), y compris sur le marché de l’électrique (21,4 % de part de marché, +4,5 points), porté par le succès de la R5 (38 000 ventes). Dans le même temps, MG, BYD et d’autres marques chinoises accélèrent, en gagnant en volumes et en parts de marché (M.G. a augmenté ses volumes et sa part de marché de plus de 35%, BYD de plus de 150%), grâce à une offre différenciée en termes de segments et motorisations. Dans cette situation, il ne suffit pas d'augmenter la compétitivité technologique. Des plans d’innovation conjoints, des partenariats industriels et une capacité à concevoir des modèles en forte adéquation avec les segments cœur du marché constituent des voies alternatives pour préserver le leadership.
L'occasion s'affirme comme le marché qui absorbe les difficultés du neuf
Les tensions sur le marché du neuf entraînent des arbitrages qui profitent à l’occasion, qui enregistre une croissance de 0,8 %, avec 5,4 millions de transactions. L’année 2025 marque une progression plus visible des motorisations hybrides et électriques (+35 % MHEV, +33 % HEV et +30 % pour les BEV), même si le marché reste largement dominé par le diesel et l’essence (diesel à 45% de part de marché, essence à 39%). Le marché est segmenté selon l’âge des voitures : les modèles les plus récents (moins de 5 ans) sont davantage vendus par les professionnels (78%), tandis que les véhicules plus anciens (plus de 5 ans) s’échangent principalement entre particuliers (C2C à 55 %). L’écosystème des professionnels a, à cet égard, un rôle clé à jouer, en renforçant le reconditionnement, la réparation et autres les services d’après-vente, afin de favoriser les arbitrages du marché vers l’occasion.
Nos modèles de prévisions
Pour rendre opérationnelle notre connaissance du marché, nous avons développé des scénarios de prévision macroéconométriques permettant d’envisager plusieurs trajectoires selon les possibles tendances économiques et du marché automobile. Ces modèles projettent des évolutions à des rythmes différenciés pour les volumes de VPN, la part de l’électrique et les VPO. Les scénarios centraux convergent vers l’hypothèse d’un marché globalement peu dynamique. À horizon 2026, AAA DATA n’anticipe pas de bouleversements majeurs dans un marché encore largement sans dynamique : le volume total de VPN n’est pas attendu au-delà de 1,65 million, pour une part de l’électrique autour de 25% ; le marché de l’occasion devrait également se stabiliser autour de 5,4 millions de transactions.
Et ce n’est qu’un aperçu : l’étude complète ces premiers constats par une analyse approfondie, des résultats détaillés et des scénarios chiffrés.
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