L'édito

Entre les ponts du mois de mai et le contexte géopolitique toujours incertain, les marchés des voitures ont continué d’évoluer sous tension. La flambée des prix des carburants pèse sur le budget des ménages et des entreprises. De son côté, la transition énergétique contribue à maintenir un prix moyen des voitures neuves à des niveaux élevés, limitant l’accès aux voitures neuves et in fine le renouvellement du parc automobile.

Les chiffres des voitures neuves

Le marché des voitures neuves dans le vert mais des volumes réduits

Petit mois de mai

Le marché des voitures particulières neuves (VPN) totalise 128 484 immatriculations en mai, en hausse de 4 % par rapport à mai 2025. Cette hausse contraste avec le recul de -12 % enregistré un an plus tôt. Alors même que mai 2026 compte 2 jours ouvrés en moins par rapport à mai 2025.

La reconfiguration du mix énergétique s'intensifie. La substitution n’est pas encore équivalente à un pour un. Il en résulte que le marché VPN de mai 2026 reste sur des volumes limités (moyenne de 136 000 unités sur les 5 dernières années).

Depuis le début de l'année, le marché VPN s'établit à 668 378 unités, en léger repli de 1 %.

Le marché des voitures neuves progresse en mai, dans un cadre d'aides renforcées ciblant les ménages. Chez les particuliers, un achat sur trois est désormais électrique. En outre, la hausse des prix des carburants renforce l'attractivité des motorisations électrifiées. Par conséquent, il ne devrait pas y avoir de coup de frein, comme celui observé en mai 2025, avant le lancement de la prochaine version du leasing social en juillet.

Les particuliers totalisent 57 070 immatriculations (44 % de part de marché), en hausse de 15 %. Les flottes progressent de 1 % (30 802 unités, 24 % de PDM). Les immatriculations des professionnels de l’auto reculent de 7 %.

Une voiture vendue sur deux est hybride

Les voitures hybrides représentent au total 49 % du marché en mai (63 250 unités, en hausse de 1 %). Les micro-hybrides (MHEV) progressent de 10 % (29 305 unités, 23 % de part de marché), dans le cadre du maintien d'un abattement fiscal de 100 kg sur le malus au poids. Les hybrides (HEV) s'établissent à 25 108 unités (20 % de part de marché, -7 %). Les hybrides rechargeables (PHEV) reculent à 6 % de part de marché (7 630 unités, -6 %).

Sur le segment PHEV, BYD place deux modèles dans le Top 5 (ATTO 2, SEALION 5), dans un contexte où les voitures hybrides rechargeables importées de Chine bénéficient d'un traitement douanier plus favorable que les voitures électriques chinoises.

Chez les particuliers, un achat sur trois est désormais électrique

Les immatriculations de voitures neuves électriques s'établissent à 37 412 unités en mai, pour une part de marché de 29 % contre 16 % en mai 2025. Chez les particuliers, les voitures neuves électriques atteignent 19 461 unités et 34 % de part de marché. Chez les flottes, la part de marché de l'électrique s'établit à 43 % (13 112 unités).

Cette accélération intervient dans un cadre de soutien renforcé : la prime "Coup de pouce voitures particuliers électriques" peut atteindre 5 700 euros pour les ménages les plus modestes, complétée par la troisième édition du leasing social ouverte depuis fin septembre 2025 (loyers inférieurs à 200 euros par mois). La pression de la norme CAFE, dont le calcul est lissé sur la période 2025-2027, incite les constructeurs à maximiser leurs livraisons électriques. Le Tesla Model Y domine le classement des ventes électriques (3 874 unités).

Les motorisations thermiques poursuivent leur disparition programmée : les voitures essence reculent de 37 % (18 926 unités, 15 % de part de marché) et les voitures diesel de 52 % (3 291 unités, 3 % de part de marché). Cette évolution intervient dans un contexte de durcissement fiscal au 1ᵉʳ janvier 2026 : malus CO₂ déclenché dès 108 g/km et malus au poids abaissé à 1 500 kg.

À noter : les voitures essence-GPL (Dacia et Renault) progressent de 21 % (5 605 unités, 4 % de part de marché).

Les chiffres des voitures d'occasion

Le marché des voitures d'occasion en baisse, l'électrique occasion doublée

Le marché des voitures d'occasion (VPO) totalise 409 142 transactions en mai, en baisse de 4 %. Les transactions occasions ont été impactées négativement par les jours fériés du mois de mai et les ponts associés.

Toutefois, les transactions de voitures d'occasion électriques ont plus que doublé sur le mois (22 932 transactions). Depuis le début de l'année, elles totalisent 99 892 unités, en progression de 50 %. Cette dynamique est portée à 70 % par les ventes de professionnels vers particuliers (B2C, 16 108 transactions) et à 18 % par les ventes entre particuliers (C2C, 4 208 transactions). Cette performance s'inscrit dans un contexte de prix favorables des voitures d'occasion électriques et d'un afflux croissant de modèles sur le marché secondaire.

Le report du malus occasion rétroactif au 1ᵉʳ janvier 2027 et la suspension des zones à faibles émissions (ZFE) en 2026 préservent le marché des voitures anciennes : les transactions C2C de voitures de plus de 10 ans progressent de 4 % (171 405 unités, 72 % des transactions C2C).

Les différents marchés du véhicule : Panorama

Les marchés des véhicules neufs et occasions sous contrainte

Les ponts de mai et le ralentissement conjoncturel de la demande impactent les marchés du neuf et de l’occasion en mai.

Selon la Banque de France, « l’économie française, tout en étant résiliente, montre des signes de ralentissement avec les premiers effets de la hausse du prix des hydrocarbures… ».

Pour l’Insee, « En mai 2026, la proportion de ménages estimant qu’il est opportun, dans la situation économique actuelle, de faire des achats importants se dégrade de nouveau nettement »… « L’opinion des ménages concernant leur situation financière personnelle, aussi bien passée que future, se dégrade de nouveau. » 

A noté la bonne performance du marché de cyclomoteur (+2 %), qui n’avait pas été observée depuis longtemps.

Focus

Le prix moyen* des voitures neuves dépasse les 36 000 euros, conduisant à une stagnation du marché

Cinq premiers mois de 2026 : les ventes stagnent à -0,6 %, mais le prix moyen des voitures neuves progresse de 3,6 %.

Le marché automobile démarre l'année 2026 sur une note contrastée. Depuis le début d’année (janvier à mai), les immatriculations de voitures neuves stagnent à -0,6 %, passant de 672 695 à 668 378 unités. Parallèlement, le prix moyen* des voitures neuves atteint 36 319 euros, soit une hausse de 3,6 % par rapport aux 35 043 euros enregistrés un an plus tôt.

Cette augmentation des prix s'explique en grande partie par la transformation du mix énergétique du marché, marquée par une forte progression des voitures électrifiées.

L'électrique poursuit son ascension

Avec 185 711 immatriculations, les voitures 100 % électriques (ou BEV) enregistrent une forte croissance de 55 % sur un an, représentant désormais 28 % des ventes contre 18 % un an auparavant.

Malgré cette forte progression des volumes, le prix moyen des voitures électriques reste relativement stable à 42 541 euros, en légère baisse de 0,8 %. Cette évolution montre une diversification de l'offre vers des modèles plus accessibles, tout en conservant un niveau de prix supérieur (hors bonus écologique et leasing social) à la moyenne du marché.

Les hybrides restent la motorisation préférée avec 340 075 voitures vendues, soit plus d'une voiture neuve sur deux. Les volumes progressent de 1,4 %, tandis que le prix moyen recule de 1,8 % à 36 757 euros.

Essence et diesel en fort recul

À l'inverse, les motorisations thermiques traditionnelles poursuivent leur déclin programmé.

Les ventes de voitures à essence chutent de 36,8 %, tombant à 99 328 unités contre plus de 157 000 un an plus tôt. Le prix moyen baisse (hors malus) légèrement à 25 202 euros (-0,7 %), ce qui en fait toujours la motorisation la plus abordable du marché.

Le diesel subit un véritable effet de ciseau. Les achats de voitures diesel se contractent avec une baisse marquée de 45,9 %. Seules 17 192 voitures diesel ont été vendues depuis le début 2026. Fait notable, leur prix moyen bondit de 13,3 % pour atteindre 45 463 euros, le niveau le plus élevé de toutes les motorisations (hors malus). Cette hausse reflète une concentration des ventes sur des modèles haut de gamme.

Prémiumisation du marché via les modèles électrifiés

La hausse globale du prix moyen des voitures neuves intervient alors même que plusieurs catégories voient leurs tarifs se stabiliser ou diminuer. Le phénomène s'explique principalement par le poids croissant des voitures hybrides et électriques dans les ventes totales.

Les ventes d’hybrides et d’électriques, comptent désormais pour plus de 80 % du marché, contre environ 68 % un an auparavant. Or, leurs prix moyens sont nettement supérieurs à ceux des voitures essence.

Cette évolution contribue mécaniquement à faire progresser le prix moyen global, malgré les efforts des constructeurs pour proposer des modèles électrifiés plus accessibles.

Une transition énergétique qui redessine le marché

Les chiffres 2026 confirment l'accélération de la transition énergétique dans les achats de voitures neuves. Alors que les motorisations thermiques perdent rapidement du terrain, les voitures hybrides consolident leur domination et l'électrique gagne du terrain à un rythme soutenu.

Pour les ménages, cette mutation se traduit par un marché globalement plus coûteux, même si certains segments affichent des baisses de prix (segments A et D-SUV notamment). Pour les constructeurs, l'enjeu reste désormais de démocratiser davantage les technologies électrifiées afin de soutenir la demande dans un contexte de marché encore fragile.

*prix catalogue VPN moyen pondéré des volumes et hors option, négociation, bonus-malus, janvier à mai 2026 & 2025