L'édito

L’électrification du marché des voitures neuves se poursuit dans un contexte de fort repli des volumes. Les tensions actuelles sur les prix du pétrole et in fine des carburants, pourraient soutenir les ventes de voitures électriques. À la condition que les acheteurs anticipent un prix du carburant suffisamment élevé sur une longue période.

Les chiffres des voitures neuves

Le marché des voitures neuves poursuit sa mutation

Volumes en berne à 15 %

En février 2026, le marché des voitures neuves confirme sa transformation profonde, marquée par une baisse globale des immatriculations et une accélération des ventes de voitures électriques.

Avec 120 764 voitures neuves immatriculées, le marché recule de 15 % par rapport à février 2025. Cette contre-performance efface 2 mois de février performants (2024 et 2025) et le niveau actuel avoisine celui de février 2023.

Les raisons sont diverses. D’une part les immatriculations de février 2025 avaient été impactées par les anticipations d’un bonus écologique moins généreux et de la suppression de la prime à la conversion. Une période transitoire avait été mise en place pour les voitures commandées avant le 2 décembre 2024, à condition que la facturation ou le versement du premier loyer intervienne au plus tard le 14 février 2025.

D’autre part, le durcissement des normes fiscales et environnementales a également impacté lourdement le marché de février. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le malus CO₂ s’applique dès 108 g/km (contre 113 g/km en 2025), et les normes CAFE européennes contraignent davantage les constructeurs (81g/km de CO₂).

Les hybrides majoritaires, le rebond des PHEV

Les ménages qui possédaient précédemment des voitures essence ou diesel se tournent majoritairement vers les hybrides. Les voitures hybrides représentent la première motorisation en février, leur part de marché atteint 53 % avec 64 326 immatriculations, en repli de 6 %.

Les full-hybrides (HEV) reculent de 11 %, les micro-hybrides (MHEV) de 1 % et les électriques à prolongateur d’autonomie (EREV) de 54 %. Seules les hybrides rechargeables (PHEV) progressent de 3 % grâce à la dynamique des achats des particuliers (1 926 unités à +35 %).

Les électriques au plus haut

Les voitures électriques neuves représentent désormais 27 % des ventes, en progression de 28 % versus février 2025. Cette dynamique s’explique par la revalorisation du bonus écologique (jusqu’à 7 700 € avec la prime batteries européennes) et la poursuite des livraisons du leasing social, lancé en septembre 2025.

Renault, Peugeot et Tesla dominent ce segment de marché, avec la Tesla Model Y en tête des ventes, suivie de la Renault 5 et du Renault Scénic.

Les flottes d’entreprises, soumises à des obligations de renouvellement vers des véhicules à faibles émissions, contribuent à cette croissance (+62 % pour les immatriculations électriques).

Le déclin programmé des ventes de voitures thermiques

Les motorisations thermiques subissent un déclin accéléré : l’essence et le diesel ne représentent plus que 15 % et 3 % du marché, avec des chutes respectives de 48 % et 54 %. Le durcissement du malus CO₂ pénalise désormais des modèles populaires comme certaines versions de la Renault Clio ou de la Peugeot 208.

Les chiffres des voitures d'occasion

Le marché des voitures d'occasion : stabilité globale et montée en puissance des motorisations électrifiées

En février 2026, le marché des voitures d’occasion (VO) a enregistré 439 649 transactions, un volume identique à celui de février 2025. Cependant, sur l’ensemble des deux premiers mois de l’année, le cumul atteint 853 169 transactions, soit une baisse de 5% par rapport à la même période l’an dernier.

Les motorisations alternatives tirent leur épingle du jeu

Dans un contexte de stabilité globale, certaines motorisations se distinguent par leur croissance. Les ventes de voitures d’occasion mild-hybrid (MHEV) progressent de 33 %, représentant désormais 5 % du marché. Celles des voitures 100 % électriques gagnent +23 %, avec une part de marché de 4 %. Enfin, les transactions d’hybrides rechargeables (HEV) augmentent de 21 %, pour atteindre 6 % de part de marché. Ces performances contribuent à maintenir l’équilibre du marché des voitures d’occasion, malgré un environnement économique incertain.

Les motorisations thermiques en recul

À l’inverse, les motorisations traditionnelles continuent de perdre du terrain. Les ventes de diesel reculent de 3 %, avec une part de marché de 43 %, tandis que les transactions de voitures essence baissent de 4 %, représentant 38 % des ventes. Cette tendance reflète une transition progressive vers l’électrification.

L’âge des voitures : un critère déterminant

Les voitures de plus de 10 ans dominent désormais le marché, avec 50 % des transactions, en hausse de 6 %. À l’opposé, les voitures récentes de moins de 5 ans reculent de 3 % dans les transactions, confirmant une tendance à l’allongement de la durée de détention des voitures.

Un marché en pleine mutation

Ces évolutions illustrent une transformation structurelle du marché de l’occasion, marquée par l’essor des motorisations alternatives et un vieillissement du parc automobile. Cette dynamique va s’accentuer au fil des mois, sous l’effet des réglementations environnementales et des attentes des consommateurs.

Les différents marchés du véhicule : Panorama

Les marchés des véhicules : essor de l'occasion et fléchissement du neuf

Les marchés des véhicules neufs montrent des signes contrastés, avec des baisses marquées pour certains genres, tandis que d’autres résistent grâce à des besoins spécifiques ou des tendances émergentes.

La stabilité du marché de l’occasion contraste avec les fluctuations observées sur le neuf, confirmant son rôle clé dans la mobilité des ménages et des professionnels.

Les véhicules utilitaires et agricoles affichent une relative résilience, soutenus par des besoins opérationnels constants malgré un contexte économique incertain.

Les motos connaissent une légère progression, une tendance encourageante après le Salon des 2 roues de Lyon.

Focus

L'automobile au féminin : les femmes, actrices clés d'un marché en mutation

En 2025, les femmes ont marqué leur empreinte sur le marché automobile français en acquérant 2,147 millions de voitures, neuves ou d’occasion. Si leur nom n’apparaît pas systématiquement sur la carte grise, leur influence dans le choix du véhicule familial reste déterminante.

Une représentation en progression, mais encore inégale.

Alors que la population française compte 51 % de femmes contre 49 % d’hommes (chiffres Insee 2025), leur part dans les achats automobiles reste déséquilibrée. En 2025, les hommes ont représenté 60 % des achats de voitures neuves (contre 62 % en 2018), tandis que les femmes en ont acquis 40 % (contre un tiers en 2018). Une évolution notable : en douze ans, la part des achats féminins a progressé de 6 points. Cependant, sur le marché de l’occasion, seulement 36 % des cartes grises portent le nom d’une femme.

Un marché moins résilient pour les femmes

L’année 2025 a été marquée par une baisse de 6 % des achats de voitures par les particuliers. Les femmes ont été plus touchées que les hommes : leurs achats de voitures neuves ont reculé de 5 % (contre -1 % pour les hommes), reflétant une sensibilité accrue au rapport pouvoir d’achat/prix. À l’inverse, sur le marché de l’occasion, leurs achats ont progressé, mais seulement de 4 %, contre +13 % pour les hommes.

Des budgets et des préférences distincts

En 2025, le budget moyen* des femmes pour une voiture neuve s’élevait à 30 422 €, soit 1,2 fois moins que celui des hommes (34 878 €). Un écart qui se retrouve aussi sur le marché de l’occasion. Selon l’Insee, en 2024, le revenu salarial moyen des femmes était inférieur de 21,8 % à celui des hommes dans le secteur privé.

Côté motorisation, les femmes sont sous-représentées dans les achats de voitures diesel (32 % contre 68 % pour les hommes) et hybrides rechargeables (25 % contre 75 %). Elles privilégient davantage les citadines essence, tandis que les hommes restent attachés au diesel.

Des modèles plébiscités différents (neufs+occasions)

Si la Renault Clio V domine chez les deux profils, les femmes se tournent ensuite vers la Peugeot 208 et la Toyota Yaris (respectivement 2ᵉ et 3ᵉ), alors que ces modèles n’apparaissent qu’en 4ᵉ et 19ᵉ position chez les hommes. La Dacia Sandero 3, star du marché des particuliers, séduit autant les femmes que les hommes, tandis que les Tesla restent majoritairement acquises par ces derniers (seulement 1 femme sur 5 sur les cartes grises).

Une diversité qui stimule l’innovation

Ces différences de comportements et de priorités entre femmes et hommes enrichissent le marché automobile. Elles encouragent une meilleure personnalisation de l’offre, favorisent l’innovation et renforcent la diversité des modèles proposés. Une dynamique qui profite à tous.

*prix catalogue moyen pondéré des volumes (hors options, hors négociation et hors bonus-malus)