L'édito

Après plusieurs mois d'incertitude, le marché des voitures neuves retrouve enfin une dynamique positive, tandis que le marché de l'occasion poursuit son repli dans un contexte d'offre encore contrainte. Parallèlement, les achats de véhicules électriques continuent de se consolider, aussi bien sur le marché du neuf que sur celui de l'occasion, témoignant d'une électrification progressive des comportements d'achat. Ces évolutions traduisent un marché automobile en pleine transformation, où les dynamiques diffèrent selon les segments mais confirment l'ancrage durable de la transition vers l'électromobilité.

Les chiffres des voitures neuves

Belle progression du marché des voitures neuves

Le marché des voitures particulières neuves (VPN) a généré 188 787 immatriculations en juin 2026, en hausse de 11 % par rapport à juin 2025. Le mois comportait 2 jours ouvrés supplémentaires par rapport à juin 2025. A jours ouvrés comparables, la hausse des ventes s’établit à +1,2 %. En termes de volume, ce mois de juin est sur la ligné des « bonnes » années récentes, 2023 et 2024.

Autre fait marquant, le premier semestre passe dans le vert en progression de 2 % et atteint les 857 163 unités.

Les voitures neuves électriques progressent encore de 94 % et atteignent une part de marché inédite de 30 %. Cette accélération intervient dans un cadre de soutien maintenu : le bonus écologique peut atteindre 5 700 euros pour les ménages les plus modestes, complété par la prime batterie européenne (1 000 à 1 400 euros). Le lancement du prochain leasing social est prévu pour le 16 juillet 2026. La pression de la norme CAFE continue d'inciter les constructeurs à maximiser leurs livraisons de voitures électriques. À noter également, l’accélération des lancements de nouveaux modèles des marques chinoises à prix attractifs.

Les voitures hybrides représentent au total 49 % du marché en juin, en hausse de 7 % sur un an. Les motorisations thermiques accusent un recul marqué : les voitures essence reculent de 24 % à 15 % de part de marché et les voitures diesel de -49 % à 3 % de part de marché. Cette évolution s'inscrit dans un contexte de durcissement fiscal au 1ᵉʳ janvier 2026 : malus CO₂ déclenché dès 108 g/km (vs 113 g/km en 2025) et malus au poids abaissé à 1 500 kg (vs 1 600 kg). Les voitures essence-GPL progressent de 5 % (7 101 unités, 4 % de part de marché).

Les ventes aux particuliers s’avèrent extrêmement dynamiques avec +21 % et 49 % du marché global des VPN. Grâce aux soutiens du bonus écologique, du leasing social ainsi que de l’étoffement de l’offre produit, l’électrique est la 1ʳᵉ motorisation chez les particuliers. En effet, plus d’une voiture sur trois achetée par les particuliers (35 %) est électrique. Viennent ensuite les motorisations hybrides non rechargeables (HEV 23 % et MHEV 17 %). Les particuliers achètent de moins en moins de motorisations thermiques (essence : –34 % à 13 % de part de marché et le diesel : –59 % à 1 % de pdm) à l’exception des voitures GPL (Dacia & Renault) avec +13 % et 6 % de pdm. Enfin, les ventes des hybrides rechargeables PHEV se portent bien également avec +36 % à 5 % de pdm. Les EREV ne trouvent pas encore leur public avec -2 % et 1 % de pdm.

Du côté des flottes d’entreprises (sociétés hors automobile, loueurs longue durée et administrations), la tendance est également à la hausse modérée avec +7 % et 44 444 voitures neuves immatriculées en juin 2026. Le classement des motorisations est similaire à celui des particuliers. Les mesures fiscales aux entreprises ont bouleversé les ventes aux flottes. Il s’agit principalement de l’exonération des taxes annuelles (ex-TVS) sur les véhicules électriques, du plafond d'amortissement fiscal porté à 30 000 €, du régime préférentiel de l'avantage en nature pour les véhicules de fonction électriques ou encore de la récupération de la TVA sur l'électricité de recharge dans les conditions prévues par la réglementation. Il en résulte que seules les ventes de voitures neuves électriques (+87 % à 37 % de pdm), de MHEV (+2 % à 18 % de pdm) et EREV (+10 % à 1 % de pdm) sont en croissance. Toutes les autres motorisations sont en fort recul.

Enfin, chez les autres intervenants (essentiellement les professionnels de l’automobile), les immatriculations de VPN atteignent 51 923 unités en légère progression de +1 %. Les motorisations MHEV et essence concentrent la majeure partie des volumes.

Les chiffres des voitures d'occasion

Le marché des voitures d'occasion en baisse, l'électrique occasion doublée

Le marché des voitures d'occasion est en baisse. En revanche, l'électrique d'occasion progresse de 73 %.

Le marché des voitures d'occasion (VPO) totalise 442 413 transactions en juin, en baisse de 1 % sur un an. Les transactions occasions sont régulièrement en repli depuis le début de l'année et depuis 2021. Le marché de la seconde main s'avère plus sensible à la conjoncture actuelle mais aussi à une contraction de l'offre.

Une pénurie d'offre héritée des années 2020

Pendant la crise des semi-conducteurs (2021-2023), les ventes de voitures neuves ont fortement reculé. Or les voitures d'occasion de 2 à 5 ans vendues aujourd'hui sont précisément les voitures neuves achetées à cette période.

Par conséquent il manque des voitures récentes sur le marché de l'occasion, ce qui réduit mécaniquement le nombre de transactions. Les segments des voitures de 1 à 5 ans sont parmi les plus touchés en 2026. Et par ailleurs, les acheteurs de VPO se tournent encore majoritairement vers les voitures thermiques. Or il rentre de moins en moins de voitures essence ou diesel récentes sur le marché d’occasion.

L’électrique d'occasion séduit de plus en plus d’automobilistes.

Les transactions de voitures électriques d'occasion (VEO) progressent de 73 % en juin 26 vs juin 25 (23 222 transactions), avec une part de ventes de professionnels vers particuliers (B2C) qui représente 70 % des transactions (16 337 unités, +83 %).

Au 1ᵉʳ semestre 2026, ce sont plus de 123 000 VEO qui ont changé de propriétaires. Cette tendance confirme l’adoption des voitures électriques au juste prix.

Concernant les autres motorisations, les achats de voitures d'occasion hybrides (HEV) progressent de 33 % (28 512 transactions à 7 % de part de marché). En revanche, les volumes échangés de voitures d'occasion diesel reculent de 13 % (179 088 transactions) et ceux des voitures essence de 3 % (164 715 transactions).

Les différents marchés du véhicule : Panorama

Les marchés des véhicules neufs et occasions sous contrainte

Les marchés des véhicules d'occasion restent fragilisés par une offre limitée, dans un contexte économique et réglementaire qui pèse sur la demande, à l'exception du segment des véhicules professionnels (utilitaires, industriels et tracteurs agricoles) qui fait preuve d'une meilleure résilience. À l'inverse, les marchés des véhicules neufs bénéficient d'une dynamique plus favorable, soutenue par un calendrier commercial porteur et le renouvellement des modèles. Cette tendance positive ne concerne toutefois pas les véhicules utilitaires, dont les performances demeurent en retrait en raison d'un environnement de marché moins favorable.

Focus

Accélération des lancements de modèles des marques chinoises en 2026

Au premier semestre 2026, le marché français des voitures neuves confirme la montée en puissance des constructeurs chinois, avec l'arrivée de deux nouvelles marques comme Omoda et Jaecoo (groupe Chery) et AION (groupe GAC), qui viennent compléter une offre déjà portée par MG, BYD, Xpeng et Leapmotor.

Depuis 2024, on dénombre au moins 14 marques chinoises actives sur le marché français, principalement sur l'électrique. En juin 2026, ces marques représentent environ 7 % du marché avec quelque 13 691 immatriculations sur le mois.

Les lancements de nouveaux modèles se multiplient, notamment sur les segments des SUV compacts, avec une motorisation électrique mais aussi hybride rechargeable, témoignant d'une offensive commerciale particulièrement structurée. En 2024 et 2025 pour un modèle de marque chinoise lancé, il y avait 5 modèles de marques historiques. En 2026, les lancements se sont accélérés puisque on est à parité avec un modèle chinois lancé pour un modèle des marques historiques. Quelques exemples de nouveaux modèles chinois immatriculés en juin 2026 :

  • ZEEKR 7GT
  • AION AION UT et AION AION V
  • CHERY TIGGO 9
  • OMODA OMODA 5

Depuis mai 2026, les marques chinoises accélèrent leur implantation avec notamment un redéploiement vers la motorisation PHEV (encore exempte de droits de douanes).

Cette accélération s'inscrit dans une dynamique de croissance déjà visible depuis 2025, les marques chinoises ayant continué à gagner des parts de marché malgré les barrières douanières européennes et l'écoscore français.

Cette évolution traduit bien davantage qu'un simple effet de mode ou une opportunité conjoncturelle. Les constructeurs chinois disposent aujourd'hui d'une puissance industrielle, technologique et financière qui leur permet d'envisager une implantation durable sur le marché européen. D'autant plus que le marché français accélère vers l'électrique. Leur stratégie repose sur une gamme large et des tarifs souvent plus agressifs que ceux des constructeurs historiques. Un premier constat montre que les modèles chinois séduisent les possesseurs de vieux diesel. La tendance apparaît donc comme un mouvement de fond plutôt qu'un « one shot », même si certaines marques pourraient éprouver des difficultés à atteindre une taille critique ou à construire une présence forte sur le territoire avec un réseau de distribution et d'après-vente suffisamment dense. Les modèles d'Aiways n'ont pas encore généré d'immatriculations. Les groupes les plus solides comme BYD, Chery, Geely, notamment ceux soutenus par de grands conglomérats industriels, semblent en revanche engagés dans une conquête à long terme du marché français. L'implantation de Chery au Royaume-Uni, de Leapmotor en Espagne et de Dongfeng en France illustre concrètement cette dynamique.

Pour les constructeurs historiques européens, la pression concurrentielle devient de plus en plus forte. Cette concurrence pousse déjà plusieurs groupes à revoir leur politique tarifaire, à accélérer le développement de modèles électriques plus abordables et à réduire certains coûts de production. Les plans produits évoluent également avec un recentrage sur les segments à fort volume (B et C-SUV). Certaines alliances ou coopérations avec des groupes chinois, à l'image du partenariat entre Stellantis et Leapmotor, ou les 5 % de capital Xpeng détenus par Volkswagen illustrent d'ailleurs cette adaptation stratégique. Les partenariats de production sur le territoire européen montent également en puissance à l'instar de Dongfeng et Stellantis (usine de Rennes) ou encore Geely et une usine Ford en Espagne.