L'édito

Les achats de voitures électriques progressent encore en avril, aussi bien sur le marché des voitures neuves qu’en seconde main. Entre le leasing social, un bonus attractif et la flambée des prix des carburants, les motivations sont nombreuses.

Les chiffres des voitures neuves

Accélération du mix énergétique sur le marché des voitures neuves

La transition énergétique soutient le marché VPN

Après un mois de mars porté par un effet calendaire favorable, le marché des voitures neuves retrouve en avril une dynamique plus modérée. La recomposition du mix énergétique s'accélère néanmoins : alors que les motorisations thermiques poursuivent leur repli, l'électrique progresse sur tous les canaux de vente.
Les automobilistes ont acheté 138 339 voitures particulières neuves (VPN) en avril 2026 (21 jours ouvrés). Ces volumes demeurent stables par rapport à avril 2025.

Depuis le début de l'année, le marché totalise 539 894 immatriculations, en baisse de 2 %.

Les particuliers totalisent 60 115 immatriculations (43 % de part de marché), en hausse de 11 %. À l'inverse, les ventes aux sociétés hors automobile reculent de 15 % (15 428 unités, 11 % de part de marché).

Du côté du financement chez les particuliers : la location longue durée (LLD) connaît la plus forte progression avec +25 % (18 696 unités), tandis que l'achat comptant augmente de 6 % et la location avec option d'achat de 5 %.

Les ventes de voitures neuves électriques progressent encore, soutenues par une offre élargie et des aides renforcées.

En avril, les immatriculations de voitures neuves électriques atteignent 36 216 unités, en hausse de 42 %. Une voiture neuve sur quatre est désormais électrique. Depuis le début de l'année, les voitures électriques totalisent 148 299 unités, soit 27 % de part de marché, en progression de 48 %. Sur le canal des particuliers, la croissance est encore plus marquée : +75 % pour 16 731 unités.

Cette progression s’inscrit dans un contexte de soutien public accru : le « coup de pouce véhicules particuliers électriques » peut atteindre 5 700 € pour les ménages précaires (arrêté du 24 décembre 2025), complété par un surbonus « prime batterie européenne » de 1 000 à 2 000 €. L’offre s’est parallèlement étoffée, avec 181 modèles électriques disponibles en mars 2026, contre 114 en mars 2024, et plusieurs citadines désormais proposées à moins de 20 000 €.

Les hybrides dominent chez les particuliers, tandis que les motorisations thermiques reculent fortement.

En avril, les ventes d’hybrides (HEV) représentent 22 % du marché (30 472 unités, -13 %), celles de micro-hybrides (MHEV) également 22 % (30 705 unités, +14 %). Les ventes d’hybrides rechargeables (PHEV) diminuent de 12 % (8 320 unités, 6 % de part de marché), tandis que les ventes d’hybrides à prolongateur d’autonomie (EREV) progressent de 34 % (1 843 unités).

Chez les particuliers, les HEV atteignent 15 837 unités (26 % de leurs achats de VPN), juste derrière l’électrique (16 731 unités, 28 %). Les motorisations thermiques enregistrent les baisses les plus significatives : les ventes de voitures essence reculent de 24 % (21 963 unités, 16 % de part de marché) et les ventes de voitures diesel de 43 % (3 834 unités, 3 %). Cette évolution intervient dans le contexte du nouveau malus CO₂ 2026, qui s’applique même aux petites citadines (à partir de 108 g/km).

Les chiffres des voitures d'occasion

Le marché des voitures d'occasion en fort repli

Le marché des voitures d'occasion (VPO) totalise 426 620 transactions en avril, en fort repli de 11 %. Depuis le début de l'année, il s'établit à 1 756 739 transactions, en repli de 5 %.

L’évolution des transactions n’est cependant pas linéaire selon les motorisations. Les transactions de voitures d'occasion électriques progressent et s’établissent en avril à 26 092 unités (6 % de part de marché, en hausse de 63 %). Cette dynamique s'inscrit dans un contexte de maturation du marché : le délai moyen de revente d'une voiture d'occasion électrique s'établit à 151 jours au premier trimestre 2026, contre 161 jours au quatrième trimestre 2025. Les transactions sur les voitures hybrides dans leur ensemble connaissent une croissance à 2 chiffres et comptent pour 15 % des achats.
Les achats des voitures diesel plongent de -21 % mais restent majoritaires (40 % de part de marché). Il en va de même pour les transactions sur les voitures essence avec -14 % (37 % de part de marché).

Sur le canal des professionnels vers particuliers (B2C, en baisse de 8 %), les voitures de moins de 5 ans résistent mieux (-3 %), tandis que dans les échanges de particulier à particulier (C2C), les moins de 5 ans reculent plus nettement (-20 %).

La contraction du marché de l'occasion résulte à la fois d’un approvisionnement limité de voitures récentes et d’un attentisme des acheteurs dans le contexte actuel.

Les différents marchés du véhicule : Panorama

Tendances opposées entre les marchés des véhicules neufs et occasions

Alors que les marchés du neuf renouent avec la croissance, les marchés d’occasion finissent le mois d’avril dans le rouge.

Focus

Faut-il encore développer l'offre électrique pour mieux répondre aux attentes et stimuler la baisse des prix ? *

L'étoffement de l'offre électrique constitue l'un des faits marquants du marché français : 181 modèles électriques étaient disponibles en mars 2026, contre 114 en mars 2024. Au-delà d'un effet multiplicateur sur les volumes, cette intensification de l'offre a une incidence mesurable sur les prix moyens : les prix moyens des voitures électriques ont globalement baissé de 1 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de l'année précédente, avec de forts écarts selon les segments.

Ainsi, les volumes sur le segment B-SUV (Renault 4, Peugeot 2008) ont progressé de 131 % en un an, avec une baisse du prix moyen de 8 %. Le segment D-SUV (Tesla Model Y) affiche une évolution similaire (-7 % sur le prix moyen, +81 % en volume). Le segment A (Renault Twingo IV, Dacia Spring) gagne 5 % en volume après une baisse de 12 % du prix moyen. Les C-SUV progressent de 69 % en volume pour un prix en léger recul de 1 %, et les voitures du segment B gagnent 5 % en volume pour un prix stable.

Le cadre d'aides stabilisé en 2026, complété par le leasing social élargi à 100 000 voitures à partir de juin, devrait prolonger cette dynamique dans les prochains mois.

* Prix du neuf hors options, hors négociation et hors bonus/malus, janvier à mars 2026 versus janvier à mars 2025.