Intelligence Auto n°50 – Juillet 2022

Les tendances et les comportements du marché automobile, les analyses de nos experts Data.

20/07/2022

Temps de lecture : 6 minutes
  1. L'édito

    En juin, nous célébrons notre 50ième numéro. Déjà ! Cinquante sera donc le fil rouge de ce mois-ci dans un marché toujours en plein marasme : les achats des cinquantenaires ; les 50 premiers modèles d’occasion par motorisation. Sans oublier de s’intéresser aux deux roues au féminin qui ne sont pas que des cinquantenaires.

Les chiffres du véhicule neuf

  1. Baromètre Marché Immatriculations - JUIN 2022

Baromètre Marché Immatriculations - Juin 2022
  1. Évolution des immatriculations VPN du mois de juin et par année (6 ans)

Évolution des immatriculations VPN du mois de juin et par année (6 ans)
  1. LE MARCHÉ DES VOITURES NEUVES TOUJOURS EN FORT REPLI, À L’EXCEPTION DES VOITURES ÉLECTRIQUES


    Treizième mois consécutif de baisse

    171 087 voitures neuves ont été immatriculées sur le mois écoulé, contre 199 508 en juin 2021 et 230 964 sur le même mois de 2019, dernière année pleine avant la crise sanitaire. Juin est traditionnellement le mois qui compte le plus grand nombre d’immatriculations. Juin 2022 ne fait pas exception mais marque le treizième mois consécutif de chute pour les voitures neuves, à -14% par rapport au même mois de l’année précédente.

    Les pénuries continuent à perturber la production de voitures neuves. A cela s’ajoute la question du pouvoir d’achat qui est au centre des préoccupations des Français cet été. La flambée des prix des carburants pèse sur leur budget malgré les aides gouvernementales. Par conséquent, le canal des ventes à particuliers recule de 3% et celui des ventes aux entreprises baisse de 4%. Pour éviter d’assécher le marché, les professionnels de l’auto freinent leurs immatriculations, notamment les constructeurs (-4%) ainsi que les deux canaux stratégiques des loueurs courte durée (-47%) et des garages (-27%).
    Parallèlement, les commandes de voitures neuves ont reculé de 15% par rapport à juin 2021.

    Toutefois, les ventes de voitures électriques échappent encore au marasme. Sur ce marché en crise, les motorisations électriques parviennent à maintenir une tendance positive (+5 %) et atteignent une part de marché de 13% en juin. Le bonus écologique de 6 000 euros pour l’achat d’une voiture neuve électrique a d’ailleurs été prolongé jusqu’à la fin de l’année.
    Les hybrides dans leur ensemble représentent 28% des immatriculations. Les immatriculations de ces voitures reculent de 10%, emportées par la désaffection pour les hybrides rechargeables à -28% et les micro hybrides à -17%. La part de marché de l’essence s’élève à 37%, en baisse de 19%. Motorisation plébiscitée autrefois, bientôt bannie des grandes agglomérations avec l’entrée en vigueur des ZFE-m, le diesel enregistre mois après mois une chute sévère, à 26%, et ne représente plus que 18% du marché du neuf.

  1. Un semestre sous le signe des pénuries et du pouvoir d’achat

    Avec seulement 771 980 voitures neuves immatriculées au premier semestre, le recul est de 16% par rapport à 2021 et de plus d’un tiers des volumes comparé à 2019. Ce premier semestre est marqué par 2 crises majeures : les pénuries de semi-conducteurs qui restreignent la production de voitures neuves ; le pouvoir d’achat laminé par l’inflation rampante.
    Avec l’érosion du pouvoir d’achat, la baisse de confiance des clients et l’incertitude sur les contraintes de mobilité, le nombre de visites en concession est moins fréquent. A cela s’ajoute les livraisons avec de longs retards.

    Cette contre-performance n’augure rien de bon pour le marché automobile de 2022. Si la tendance se poursuit sur le second semestre, toute chose égale par ailleurs, les immatriculations de voitures neuves seraient alors en forte baisse par rapport à l’année dernière.

  1. LES ACHATS DES QUINQUAGÉNAIRES : PIONNIERS EN MATIÈRE DE VOITURES ÉLECTRIFIÉES


    Une voiture neuve sur cinq

    Plus d’un achat sur cinq (22%) a été réalisé par un quinquagénaire en juin. Il s’agit de la tranche d’âge la plus importante et de loin, concernant l’achat de voiture neuve.
    Avec les crises (sanitaire, guerre en Ukraine, pouvoir d’achat), les quinquagénaires ont fortement réduit leurs achats de voitures neuves, -7% par rapport à juin 2021 et -32% par rapport à juin 2019 (à comparer à -2% et -19% pour le reste des acheteurs particuliers).


    Budget plus élevé

    Avec un budget moyen de 30 162 euros, les quinquagénaires dépensent, globalement, plus que le reste des acheteurs particuliers (moyenne à 29 598 euros). Ils ont d’ailleurs majoritairement recours au leasing (location avec option d’achat) ou à la location longue durée à 58% contre seulement 53% pour le reste des acheteurs.
    Dans le choix des modèles, ils se singularisent par une plus forte appétence pour les berlines (54% vs 53% pour le reste des acheteurs). Viennent ensuite les SUV. Les breaks et les combispaces sont légèrement moins prisés. En revanche, les coupés et les cabriolets représentent 1,2% contre seulement 0,7% pour le reste des acheteurs.

    En termes de modèle, on retrouve les 4 premiers, également en tête chez les autres acheteurs : Dacia Sandero, Peugeot 208, Renault Clio, Renault Captur. Après le classement diffère par rapport à celui des autres acheteurs. Viennent ensuite Dacia Duster, Renault Twingo, Dacia Jogger, Renault Arkana, Fiat 500 et Peugeot 2008.

    En faveur des voitures électrifiées

    Même si l’essence reste la motorisation numéro un (38% vs 42% pour les autres acheteurs), les quinquagénaires se tournent de plus en plus vers les voitures électrifiées. Et ils se démarquent, ainsi, des autres acheteurs. En parallèle, ils n’ont pas encore tout à fait abandonné le gazole (8% vs 7%).

Les quinquagénaires en faveur des voitures électrifiées

Les chiffres du véhicule d'occasion

  1. LE MARCHÉ DES VOITURES D’OCCASION LOURDEMENT PÉNALISÉ PAR LE MANQUE D’APPROVISIONNEMENT


    Sous le signe de la pénurie de voitures récentes

    Dans la mesure où les livraisons de voitures neuves sont toujours considérablement limitées, le flux de voitures d’occasion récentes se tarie également. L’offre n’est plus en adéquation avec la demande, qui elle, va crescendo.
    Orienté à la baisse depuis sept mois, le marché de l’occasion s’enfonce encore en juin à -18 %, avec 452 828 transactions. Cette contre-performance mérite, toutefois, d’être relativisée. En effet, les volumes s’avèrent, finalement, équivalents à ceux d’avant la crise sanitaire (461 438 transactions en 2019).
    Sur le premier semestre, 2,7 millions de voitures ont changé de propriétaire, soit -12% par rapport au premier semestre 2021 et seulement -7% par rapport au premier semestre 2019.

    En juin, toutes les tranches d’âges des véhicules sont touchées. Les modèles de moins de 5 ans (- 28%) restent les plus affectés en raison de la chute des ventes de voitures neuves depuis 2020. Ceux de 5 à 10 ans perdent 17% et les plus âgés, 10 ans et plus, seulement 9%.

    Déjà 6% de VO électrifiés

    Pour trouver un segment en croissance, il faut là aussi s’intéresser aux ventes de VO hybrides et électriques, qui atteignent 6% de part de marché, à comparer aux 53% du diesel et aux 41% de l’essence. Pour les acheteurs, l’appartenance à une zone à faibles émissions mobilité (ZFE-m) change la donne dans les comportements d’achat.
    Autre phénomène notable, la part croissante des sociétés qui achètent des voitures d’occasion : elles comptent pour 5% des immatriculations VO en juin 2022, contre 3% en 2019.

    Les 50 premières voitures d’occasion par motorisation

    Retrouvez le classement des 50 voitures d’occasion de juin 2022 selon 5 motorisations : gazole, essence, hybride, électrique et biocarburant. Logiquement les VO au gazole sont en moyenne plus nombreuses et plus âgées. Comparativement les VO électriques sont encore marginales et très récentes.

IMMATRICULATIONS VO DE JUIN 2022

 

Les différents marchés du véhicule : panorama

  1. LES MARCHÉS DU NEUF ET DE L’OCCASION, DANS LE ROUGE

    Tous les marchés de véhicules neufs et d’occasion sont confrontés à des problèmes d’approvisionnement. En outre, l’attentisme s’installe du côté des acheteurs en raison de la flambée des prix des carburants. Pour les particuliers comme pour les gestionnaires de flottes, le carburant constitue un budget non négligeable et suivi de près. L’activité tourne, également, au ralenti du côté des transports de marchandises. Déjà au premier trimestre, le transport était en repli de 4% selon l’Insee.

Genres : occasion 

Focus

  1. LE DEUX ROUES AU FÉMININ RESTE À CONQUÉRIR


    L’indisponibilité de certains modèles perturbe le marché moto

    En baisse de 21% en juin, le marché de la moto neuve est, à son tour touché par les problèmes de livraison. Seulement 20 403 motos ont été immatriculées. Sur le premier semestre, le marché est en baisse de 6% par rapport à l’année dernière. Cette tendance contraste, nettement, avec la bonne dynamique observée en 2021. En effet, l'année dernière les ventes avaient battu le record de 194 552 unités, en progression de 9%. Les nouveautés ont du mal à arriver en concession. A l’instar de ce qui se passe dans l’automobile, l’industrie de la moto est à son tour touchée par des problèmes de production et de livraison. La crise sanitaire a entrainé la désorganisation de la production mondiale à laquelle s’ajoute désormais la flambée des prix de transport international. Or de nombreuses motos sont produites en Asie.

    Qui sont les acheteurs des deux roues en 2022 ?

    Les deux roues (moto ou cyclo) répondent aussi bien aux attentes d’une clientèle urbaine désireuse de se déplacer rapidement. La crise sanitaire a aussi modifié les habitudes de déplacements dans les grandes villes. Les transports en commun sont boudés au profil d’autres mobilités et notamment le cyclo ou la moto. Également, les deux roues restent le moyen de déplacement économique et incontournable en zone rurale.

    Quel est le profil des acheteurs en 2022 ? Entre le cyclo et la moto, ce sont deux populations bien distinctes : plutôt jeunes pour les cyclos, plutôt actifs avec des bons revenus pour les motos. Les acheteurs sont, essentiellement, des hommes, bien plus encore que dans l’automobile. Seulement un achat sur cinq de cyclo est réalisé par une femme. Et le taux est encore plus faible pour les motos, avec seulement une sur dix. La clientèle féminine reste donc à conquérir.
    Le premier achat est souvent un deux roues d’occasion pour se faire la main et pour un budget limité. Ainsi la proportion est la même pour les motos et cyclos : ¾ occasions et ¼ neufs. Le financement reste encore classique (crédit/cash) dans la mesure où les offres de leasing, au contraire de ce qui se passe dans l’automobile, sont balbutiantes.

  1. Responsable éditorial : Marie-Laure Nivot

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