Intelligence Auto n°49 – Juin 2022

Les tendances et les comportements du marché automobile, les analyses de nos experts Data.

14/06/2022

Temps de lecture : 5 minutes
  1. L'édito

    Avec l’inflation rampante observée ces derniers mois, la question du pouvoir d’achat est au centre des préoccupations des français et des automobilistes en particulier. Elle met en exergue un rapport à l’automobile en pleine mutation. Le marché des voitures neuves et désormais l’occasion en sont significativement impactés.

Les chiffres du véhicule neuf

  1. Baromètre Marché Immatriculations - MAI 2022

Baromètre Marché Immatriculations - MAI 2022
  1. Évolution des immatriculations VPN du mois de mai et par année (6 ans)

Évolution des immatriculations VPN du mois de mai et par année (6 ans)
  1. BAISSE DU MARCHÉ DES VOITURES NEUVES EN MAI MOINS FORTE QUE LES MOIS PRÉCÉDENTS


    Nouvelle année noire pour l’automobile

    Toujours pas de rebond dans le secteur automobile. Le marché des voitures particulières neuves poursuit sa chute, à 10% en mai par rapport au même mois de l’année précédente, malgré deux jours ouvrés supplémentaires (21 jours en mai 2022, contre 19 en mai 2021). Il s’agit, donc, de la douzième baisse mensuelle consécutive depuis juin 2021.

    Il faut remonter à 2012, considérée alors comme une « année noire pour l’automobile », pour observer un tel effondrement des ventes sur au moins 12 mois. Au total, 126 809 voitures neuves ont été immatriculées en mai et 600 893 depuis le début de l’année. L’écart se creuse encore plus par rapport à l’année dernière (120 000 voitures en moins) et par rapport à 2019 (330 000 voitures en moins).

  1. Le rapport à l’automobile en pleine tourmente

    Le rapport à l’automobile est en pleine tourmente. Les pénuries de composants électroniques qui perturbent la production mondiale de voitures neuves, expliquent certes une partie de la déroute du marché. Ainsi, Volkswagen et Mercedes ont déjà annoncé que les commandes de leurs modèles électriques ne seraient pas livrées avant 2023. De quoi dissuader les futurs acquéreurs.
    Les commandes de voitures neuves toutes motorisations sont, d’ailleurs en baisse de 2% par rapport aux 5 premiers mois de 2021 (selon le CCFA).

    Toutefois, cette contre-performance relève, autant, de facteurs structurels suréminents aux crises sanitaire et géopolitique. La stratégie des prix toujours plus élevés des voitures neuves (inhérent à toujours plus de sécurité, d’infotainment, de normes antipollution, de marges pour le constructeur) est devenue difficilement acceptable socialement. Le rapport à l’automobile en est bouleversé.
    La Dacia Sandero est le numéro un des ventes de voitures neuves chez les français. Voiture multiusage et low cost, elle symbolise les tendances d’achats des automobilistes.
    En parallèle, la location (longue durée ou avec option d’achat) est en train de devenir le mode de financement principal pour rouler dans une voiture neuve sans forcément en avoir les moyens.

    Le 8 juin dernier, le Parlement européen a entériné la fin des ventes de véhicules neufs thermiques et hybrides à partir de 2035. Pour accompagner les français dans cette transition énergétique inédite, le gouvernent va instaurer à la rentrée un « leasing social » avec la voiture électrique à 100 euros par mois pour les foyers modestes. Ils seraient 100 000 bénéficiaires. Pour les autres, il est fort probable qu’on assiste à un report massif des français sur la voiture d’occasion au tarif plus abordable et encore majoritairement thermique.

  1. LES SUV DEVANT LES BERLINES


    Les ventes de SUV dépassent celles des berlines

    En mai, les ventes de SUV dépassent celles des berlines. Elles comptent, en effet, pour 47% des ventes contre seulement 45% pour les berlines. Sur l’ensemble de l’année, le marché se partage sur ces deux carrosseries à égalité (46%). Les ventes de SUV sont portées par l’essor des motorisations full hybrid (+110%), mild hybrid (+31%) et GPL (+10%). Et les modèles emblématiques sont le Peugeot 2008, les Renault Captur et Arkana.


    Retour en grâce des breaks et envolée des hybrides superéthanol

    Dans ce contexte très défavorable (marché à -10%), certaines carrosseries retrouvent l’attrait des clients. Il s’agit principalement :

    • des breaks en progression de +24%, avec la Peugeot 308 en tête ;
    • des coupés +15%, toujours portés par l’Alpine A110 ;
    • des minibus+11%, dominés par le Renault Trafic ;
    • des monospaces +28%, avec le Ford S-Max au premier rang.

    Du côté des carburants, les ventes de voitures particulières électriques (+32%), full hybrid (+27%) et mild hybrid (+ 13%) sont les seules à progresser. Les hybrides rechargeables plug in hybrid sont en baisse à -13%. Fort recul des immatriculations pour les voitures essence (-22%) et les voitures diesel (-28%). Avec l’envolée des prix des carburants, il est à noter l’explosion des ventes des voitures hybrides électriques + superéthanol avec +855% à 2 207 unités et le Ford Puma en tête.

MAI 22 : croissance notable des breaks, coupés, minibus et monospaces

Les chiffres du véhicule d'occasion

  1. LA CRISE DU POUVOIR D’ACHAT IMPACTE ÉGALEMENT LE MARCHÉ OCCASION


    Pouvoir d’achat en berne et flambée des prix des carburants

    Le marché occasion s’avère un véritable observatoire de l’impact des crises (pouvoir d’achat, inflation…) sur les comportements des acheteurs. En mai, 450 181 voitures d’occasion ont changé de propriétaires. Ainsi, il s’est vendu environ 4 voitures occasion pour une neuve. Malgré un volume d’échange une nouvelle fois en baisse (-4%), l’occasion devient de plus en plus un marché à fort enjeu. C’est déjà bien évidemment le cas pour les acheteurs dans un contexte de pouvoir d’achat érodé, de flambée des prix des carburants et d’inflation généralisée et forte (+5,2% selon l’Insee en mai) sans oublier une réglementation environnementale qui s’impose à eux. Ainsi, seules les ventes des modèles anciens et kilométrés (+16 ans) sont en croissance (+6%).

    Par ailleurs, les habitants des zones à faibles émissions mobilité (ZFEm) sont contraints d’acheter une voiture à faible émission de CO2. Les voitures thermiques arborant la vignette Crit’air 4 et 5 sont déjà bannis des villes comme Paris et ce sera le cas des Crit’air 3 à partir de 2023.

    Dans ce contexte, on observe, en mai, un boom des occasions électriques (+58%), des hybrides (+42%) et des biocarburants (+52%). En revanche, les occasions gazole chutent de 12% et les essences sont quasiment stables à +1%.

  1. Les professionnels à la conquête du VO

    Sur le marché de l’occasion, les intervenants historiques (distributeurs, label marque…) se mettent en ordre de marche pour conquérir des parts de marché. Leur atout repose principalement sur l’approvisionnement provenant des retours de flottes en LLD et des reprises d’un véhicule consécutive à une vente VN. Afin d’améliorer leurs marges, ils se lancent dans l’industrialisation du remarketing et la course aux gains de productivité. Les ouvertures récentes de grands centres de reconditionnent se multiplient chez les groupes comme Renault, Stellantis. Ils font écho aux techniques en place chez les nouveaux entrants du VO comme les plates-formes digitale (Aramis, Autohero, Cazoo…).

    Les comportements des acheteurs évoluent et les professionnels de l’occasion se transforment pour mieux prendre en compte les nouvelles tendances. Il en résulte que les ventes pros représentent 36% du marché en mai, en progression de 3 points par rapport à l’année précédente.

Mai 2022 : dans un marché VO en baisse, seules les ventes de modèles très anciens progressent encore

 

Les différents marchés du véhicule : panorama

  1. LES MARCHÉS DU NEUF ET DE L’OCCASION, ENTRE EMBELLIE ET ENLISEMENT

    Alors que la crise s’est durablement installée sur les marchés de la voiture et du véhicule utilitaire, les autres genres de véhicules s’orientent vers une reprise. Le beau temps et les 2 jours ouvrés supplémentaires profitent aux ventes de deux roues et de voitures sans permis. Les ventes de véhicules industriels regroupant les poids-lourds, les autocars et les autobus s’accélèrent à la faveur des renouvellements de flottes, induits par les nouvelles normes environnementales.

Genres : occasion 

Focus

  1. BELLE PROGRESSION DES VENTES DE MOTOS NEUVES


    Alors que le Conseil d’État vient d’annoncer l’obligation du contrôle technique pour les deux-roues et les voiturettes sans permis à partir du 1er octobre 2022, se pose la question de l’effet de cette mesure sur les décisions d’achat dans les prochains mois.
    Pour l’instant, le printemps a été favorable aux deux-roues, les immatriculations de motos neuves augmentent de nouveau en mai, de 3%, avec 21 043 unités.
    Si les routières, GT, sportives et les scooters sont à la fête, les roadsters sont à la peine.
    Les scooters, premier segment du marché, poursuivent leur belle envolée avec +29% d’immatriculations, tirés par le Yamaha XP560.
    Les routières progressent de 22%, notamment grâce la nouvelle Honda NT 1100 qui prend la tête du segment.
    Les GT explosent avec +54% de ventes avec en tête du classement 2 BMW (R1250RT, K1600GT).
    Quant aux sportives, elles profitent de l’effet Top gun Maverick et séduisent de plus en plus d’acheteurs (+ 24% ). Les ventes de la désormais célèbre Kawasaki Ninja H2 atteignent 20 exemplaires contre seulement 3 en mai 2021.
    Enfin sur le segment des roadsters, c’est le leader du marché, Yahama MT-07 qui est à la peine (-49%).

Répartition des ventes de deux roues par catégorie en mai 2022
Belle progression des scooters, GT, Sportives et routières en Mai 2022
  1. Responsable éditorial : Marie-Laure Nivot

Nos derniers articles

01 Juil 2022

Nouvelle plongée du VO en juin 2022

01 Juil 2022

Le top 10 des voitures les plus vendues au premier semestre

01 Juil 2022

Le marché automobile français s’enfonce dans la crise

Vous souhaitez plus d’information sur notre accompagnement ? nos solutions ?

Nous sommes à votre écoute.

NOUS CONTACTER